De Galaade à Charp

 

je prends la plume pour te dire qu’il y a quelqu’un, mais vu que la pensée va plus vite que la parole, c’est à se demander où ce quelqu’un se situe, d’où il surgit
d’où est-ce que ça parle? je ne saurais pas te répondre
pas du même quai, et c’est rassurant que pour une fois on ne partage pas la même attente,
toutes ces langueurs anciennes et les familiarités qu’elles nourrissent, finies, épuisées
je dirais donc: je parle de par dessus-bord, encore faut-il voir lequel (il y en a plusieurs et ils ne sont pas tous glorieux)
ce qui me ramène à la question de la gloire, eh bien, ce n’est pas pour la gloire ni pour le luxe, non seulement parce qu’on s’est trop fourvoyé dedans, mais parce que, là, c’est autre chose qui se joue, qui se jouerait, qui se jouera, voici une bien jolie façon de préparer l’avenir, à condition d’y aller avec les mots, de ne pas lésiner sur les
hargneux, dis-tu? (la castagne, par exemple, il m’a fallu du temps, pas évident de rétorquer comme ça, tout de go, et ce ne sont pas des façons) encore que je me sois ( tu suis?) toujours intéressée aux manières, je dirais même qu’il n’y a que ça qui m’intéresse
déçu? des propositions?
normalement on reste tapi et rien là-dedans ne saurait faire l’objet d’une déclaration, rien à proclamer à partir de certains silences, rien à avouer

 

il aura fallu plusieurs coup de provoc et ne pas se sentir concernée pour que ça bouge, pour que ça tangue, mais non, nous n’en sommes pas sortis, toujours là, tapis, à plusieurs, finalement ce sera le boulot de l’éclaireur d’y voir quelque chose
ne nous demandez pas d’être à la fois le vu et la vision
tu dis savoir ce que tu fais, ça me rassure, ça n’a jamais trop été mon truc
du coup: oui, merci, et autres armes de destruction

mais je demanderais qu’est-ce qu’on détruit exactement, quelle est la chose dont on est partis

 

De Charp à Galaade

 

Galaade. Merveille. Un vrai baume pour moi. Un arbre, aussi, pour s’asseoir sur ses racines et ses ailes. 

Tu prends la plume? Dans le bas de ton dos, mon ange?

Tu préfères Iblis à Galaade? Tu peux choisir, tu es la première,. Mais Iblis, fais gaffe, il finit dernier et à terre.

L'un des enjeux, ici, le principal peut-être est de savoir pourquoi.

Admiration, orgueil? Gloire? (voir plus loin) On peut commencer par là. Par la chute. D'ailleurs, allez voir ailleurs sur le blog (la gnose, ici par exemple, dans la version mythique). C'est par la chute que ça commence.

Ceci dit Galaad, celle qui saura regarder, cela te va. Quant à la pureté, pas de problèmes, on s'en débarrassera vite. C'est qu'un masque, et il faut marcher dans la boue pour embarquer.

 

Le ton n'est pas le mien, tant mieux. De la phrase, riche. La réponse te décevra peut-être, en tout cas, elle sera à ma main, à la hache (faut couper la tête du poisson parfois) (aux autres: la tête de quoi pour le Grand Œuvre?Du corbeau Nevermore?)

 

L'éclaireuse, oui. Enfin, ça dépend pour qui, parce que question d'obscur, vous savez y faire, toi et ceux de ta race. Pas mon obscurité, pas ma lumière. D'autant plus volontiers: bienvenue. Et puis ça en rassurera certains et en emmerdera d'autres: parfait. Galaade.

 

Tu me facilites la tâche, plusieurs de tes questions ont la même réponse: toi. (d'où, quel bord, que détruire, la chose dont on est parti)

Sauf que tu te vantes, ma poule. T'es pas encore partie. Pourtant tu ferais bien, t'as pas grand chose à, perdre (ou si?) Chacun va son rythme. Le bateau, c'est l'océan.

Et on ne détruit pas exactement. On ne fait rien exactement ici. A la hache, j'ai dit. Enfin, tu peux faire la précieuse, la détaillée, l'exacte, mais gare aux coups de fouet.

Tu risques de tomber par-dessus bord. Parce que tu es déjà à bord. A bord à quai. Qué?

D'où, c'est toi, et c'est pas des manières: ici, c'est l'autre devant. Guerre de positions. Gare à tes fesses.

La Gloire? Ah si si, la gloire, le plus beau manteau d'obscurité. Rare sont ceux qui voient au travers. Et c'est seulement sur le seuil.

 

Bon. Fais plus court, la prochaine. Ou alors je réponds en morceaux. Pas que ça à faire. Conseil: relis. Tout est déjà dit. Je crois. Y a des chances. En tout cas, la morgue est nécessaire. Y a des corps qui valent la peine d'être bien conservés.

 

Le coup de fouet, c'est un coup de vent brutal.