rien ne se conserve, tout périt, ces corps-là surtout, qui valent la peine Vantarde

il ne nous reste que la trace, l'ombre, l'écho, les plis, tu me diras que c'est là le secret des corps glorieux, mais j'insiste: ni le règne ni la gloire, tout est en-dessous, je suis de ces populaces-là qu'on aperçoit à peine, qui excellent dans l'art du clair-obscur Et elles n'ont pas droit à la gloire, les populaces?Avec moi, ce sera plus d'un quart-d'heure. Le petit coup rapide à la Andy (même pas Capp), pas mon genre. La gloire, c'est la lumière. La vraie. Pas la lumière artificielle de la vérité. Pas de transfiguration sans passer par la gloire. Et si tu crois exceller dans l'art du clair-obscur, il se pourrait que tu te fasses un très gros mensonge. 

donc oui, vas-y mon éclaireur, Ok, je vais chercher ma lanterne

tu en as du travail, oui, enfin, je m'amuse pas mal non plus, hein.

il y a à creuser et à fouiller, s'en mettre plein les pognes quoi, caresser, pétrir, fouiller, oui.

à toi la poussière des âges Ne me parle pas de poussière, tu vas réveiller les perroquets!

et l'écorce rêche des arbres qui renaîtront, Pour cela, il faut enlever les anciennes. Alors, tu les enlèves tes écorces?

à toi le fracas discret des chutes passées et à venir discret, discret, je suis assez bruyant là.

(on n'en finit pas de se casser la gueule) et cela ne fait que commencer

du coup,c'est le cas de le dire

tu ne seras pas étonné de me retrouver dévote, (et précieuse, par dessus le marché), Précieuse mais pas ridicule. Dévote, donc à genou: surtout ne change rien!

car vois-tu, il n'y a pas que le par dessus-bord où on peut se débarrasser de tous les émois, et moi et moi

il y a ce qui dépasse le jeu et qui ne cesse de nous revenir à la figure, que tu as trop jolie d'ailleurs. Oui, j'esquive, je sais. Forcément le jeu dépasse le je. A condition de ne pas attendre d'avoir examiné toutes les faces du dé avant de le jeter. Trop court, je sais. A toi d'y revenir.

toutes ces satanées bourrasques qui empestent l'hiver ah non, m'enlève pas les bourrasques, mes seules complices froids.

toi tu esquives,frêle esquive, où embarquer.

le toi n'est qu'une création fortuite du moi, le toi est moi seulement lorsqu'il cesse de l'être sinon il n'est que reflet, projection. Là le toi est création du moi. Mais ce n'est qu'un écran, pas l'être-toi. Mais surtout, le Toi est seul vrai. Le moi est un fantôme.Un imposteur. Au mieux un escabeau pour monter à cheval. On ne prend pas les escabeaux en voyage. Pas dans celui-ci en tout cas.

je n'ai toujours pas ma réponse Personne ne l'a. Ce ne sont pas des réponses qui nous appellent, mais des voix. Ecoute, bon sang.

je suis la vue, l'entrevue si ça m'arrive ce sera par accident, compte sur moi pour le croche-pied.

donc ne me demande pas de relire Relire, c'était la façon la plus simple (trop?) d'écouter. Toi, tu es très relisible. Ravi de t'avoir parcourue cette nuit.