Définitions des termes principaux

Articles à consulter éventuellement : Schéma de l'histoire des sociétés 1 et 2; Problématiques du schéma; Lexique de l'histoire des sociétés

 

Classes sociales: sous-ensemble de la société regroupant des individus jouant un rôle relativement identique dans l'ensemble des processus sociaux globaux d'autoconservation et de reproduction, (eux-mêmes inscrits dans les processus globaux de l'espèce) mais dont les processus d'autoconservation se distinguent, renforcent et s'opposent aux processus globaux. L’État (la bureaucratie) est donc lui-même une classe qui agit par feedback sur les processus globaux (voir pouvoir ci-dessous) Des classes sont dites dominantes, parce que leurs processus d'autoconservation sont renforcés par les processus globaux, entre autres en augmentant leur capacité à utiliser à leur profit les processus propres aux autres classes, particulièrement les processus étatiques. L’État n'est donc que rarement une classe dominante, généralement uniquement lors d'équilibres de force entre des classes antagonistes. 

 

L'origine des classes provient d'un processus de division (de type cellulaire) à l’œuvre dès les débuts de l'histoire, mais qui ne devient déterminant qu'à partir du 3e stade (voir schéma général de l'histoire des sociétés)

 

Le pouvoir, c'est le contrôle des processus étatiques, non des processus globaux, dont le destin est déterminé par des dynamiques cycliques tendant vers l'équilibre,(conservation et reproduction) de nature essentiellement économique et sociale, mais aussi idéologiques. Une classe contrôle l’État, parce que ce contrôle est déterminé par ces dynamiques, et donne l'impression de contrôler la société parce que son utilisation de l’État va dans le sens du renforcement des dynamiques qui lui sont favorables, et dans l'affaiblissement des dynamiques défavorables. Le pouvoir politique n'agit donc pas comme cause initiale, mais par effet-retour, feedback positif ou négatif, à la fois sur les processus globaux, mais aussi sur les processus locaux (propres à chaque classe)

 

L'idéologie propre à chaque classe, comme le pouvoir politique, est déterminé par les processus globaux, mais aussi par les processus propres à cette classe. Comme le pouvoir politique, elle a un feedback positif et négatif sur les processus globaux et locaux.

 

 

 

Présentation

L'étude des différentes classes sociales actuelles aura un versant historique: origines et évolutions au cours des différents stades de l'histoire (voir Schéma 1 et 2) et Problématiques du schéma) et actuel: contrôle ou influence sur les processus étatiques; identification et caractéristique de chacune.

 

 

Idéologie de classe

L'idéologie d'une classe se caractérise globalement par un ensemble plus moins construit, plus ou moins conscient, d'idées visant à défendre le rôle social et l'accès au pouvoir de chaque classe, à "défendre ses intérêts", c'est-à-dire à avoir un feedback positif et négatif sur les processus globaux et locaux.

 

Des erreurs d'identification peuvent provenir :

1 de l'absence d'une idéologie construite, qui amène une classe à s'identifier à l'idéologie d'une autre classe, qui l'utilise donc à ses propres fins

2 de l'attention portée à l'origine sociale des idéologues: erreur absurde puisque l'idéologue appartient la plupart du temps à la classe des intellectuels, qui peuvent, à titre individuel, préférer défendre les intérêts d'une autre classe pour des raisons variées

3  Lorsque cette idéologie est structurée et portée par une organisation (partis politiques, lobbys, etc.), s'intéresser à l'appartenance sociale des membres de cette organisation, alors que celle-ci est aussi déterminée par le temps disponible pour une telle activité, variable selon les classes.

 

Puisqu'une identification correcte suppose que l'idéologie a les caractéristiques définies plus haut (défense des intérêts, etc), deux autres types d'erreurs peuvent apparaître, particulièrement dans cette étude:

4 Mauvaise estimation des intérêts réels d'une classe

5 Proche de 1: ne pas repérer qui est véritablement le bénéficiaire d'une idéologie particulière

6 Dans le désordre actuel, naturel au regard du caractère chaotique de la société présente (voir schéma 2) mais aussi construit pour masquer cette identification, les idéologies se présentent sous des formes très variées, antagonistes sur des points secondaires, ou même essentiels: dans ce dernier cas, il s'agit d'un mélange, volontaire ou non. Voir à cet égard l'idéologie social-démocrate, qui constitue un cas très intéressant de dissociation  partielle de la défense des intérêts et du feedback, ce qui m'amènera à la traiter à part, sans doute en fin d'article (3e ou 4e partie, je suppose)

 

 

Les classes dans le marxisme:

La vision d'une d'une description en classes n'est pas propre au marxisme. Leur rôle dans l'histoire (lutte des classes) est d'origine libérale. Le lien avec l'idéologie est plus marquée dans le marxisme, et c'est de cette idéologie que cette étude est incontestablement la plus proche.

Elle s'en distingue cependant sur des points importants:

D'une part, comme pour la vision de l'histoire, les conceptions des fondateurs du marxisme, Marx et Engels, ont toujours été assez sommaires, et dispersées dans divers ouvrages. Et il me semble qu'aucun développement fécond n'a eu lieu, les critiques (Althusser par exemple) apportant plus d'obscurité que de lumière au concept. La majeure partie du marxisme s'est, comme pour l'histoire, figée, au point de caricaturer les concepts initiaux (voir "petite-bourgeoisie", plus bas)

D'autre part, le marxisme définit une classe par rapport à sa place dans les rapports de production. Même si on ne limitera pas à cela, c'est globalement vrai pour la bourgeoisie industrielle(propriété des moyens de production) et la classe ouvrière (vente de la force de travail), pour d'autres aussi en partie, mais pas pour toutes (intellectuels, bureaucrates, artistes). Le marxisme, surtout après Marx ne se préoccupera que des deux premières classes, d'où sa limitation aux rapports de production, au point d'aboutir, dans sa version caricaturale, la plus répandue, à un raisonnement circulaire: les deux classes ont un rôle prépondérant dans les rapports de production, donc les autres sont négligeables; ces deux classes se distinguent avant tout par les rapports de production, donc toutes les classes se distinguent par les rapports de production. Une telle vision conduit à trois erreurs:

 

1 Si la lutte entre classe ouvrière et bourgeoisie industrielle est la plus importante, son destin dépendra aussi des autres classes. La classe victorieuse est celle qui entraîne le maximum d'autres classes derrière elles. Cette erreur est repoussée en mettant l'accent sur le processus de prolétarisation des autres classes, processus propre à la société industrielle (et qui ne fut jugée comme inactuelle que par ceux qui n'avait qu'une vision occidentale et non globale de l'évolution sociale). Ce processus touche toutes les autres classes, mais pas au point de rendre négligeables leur rôle historique.

2 La bourgeoisie vue comme une seule classe, et non trois (industrielle, financière et marchande) Cela pouvait paraître justifié par leurs intérêts communs, mais la prise en compte de leurs intérêts divergents est indispensable pour comprendre l'évolution historique, passée et  à venir.

3 La petite-bourgeoise est devenue dans le marxisme courant , et cela très tôt après Marx, un fourre-tout conceptuel dépourvu de la moindre rigueur, d'autant que le qualificatif de "petit-bourgeois" est utilisé comme un élément visant à dévaloriser l'adversaire dans les luttes entre les différents courants du marxisme, et particulièrement lié à "l'individualisme". Mais l'individualisme n'est pas propre à une ou plusieurs classes: il est lié à l'absence de conscience de classe, et est aussi fréquent en période de faible lutte dans toutes les classes.

 

Classes étudiées ici (étude fragmentaire)

Bourgeoisie industrielle - Bourgeoisie financière - bourgeoisie marchande -classe ouvrière - sans emplois (+/- équivalent au "lumpen proletariat" du jargon marxiste)- État (bureaucratie)- Petite bourgeoisie - Intellectuels - Paysans- Professions libérales (Médecine, droit) - Artisans - Artistes

 

On prendra peut-être le temps d'étudier certaines subdivisions par métiers

Nb: aussi étonnant que cela puisse paraître, c'est l'étude sur l'histoire de la conscience imaginaire qui m'a poussé à l’éclaircissement de ces concepts. Déterminer l'origine sociale de ces pensées est essentielle pour les comprendre et comprendre leur histoire. Voir ici les trois dernières classes.