A lire avant: Société

A lire après: Etat, classe ouvrière, bourgeoisie, Idéologie (de classe)

Sous-ensemble de la société regroupant des individus jouant un rôle relativement identique dans l'ensemble des processus sociaux globaux d'autoconservation et de reproduction, (eux-mêmes inscrits dans les processus globaux de l'espèce) mais dont les processus d'autoconservation se distinguent, renforcent et s'opposent aux processus globaux.

L’État (la bureaucratie) est donc lui-même une classe qui agit par feedback sur les processus globaux (voir Pouvoir) Des classes sont dites dominantes, parce que leurs processus d'autoconservation sont renforcés par les processus globaux, entre autres en augmentant leur capacité à utiliser à leur profit les processus propres aux autres classes, particulièrement les processus étatiques. L’État n'est donc que rarement une classe dominante, généralement uniquement lors d'équilibres de force entre des classes antagonistes. 

L'origine des classes provient d'un processus de division (de type cellulaire) à l’œuvre dès les débuts de l'histoire, mais qui ne devient déterminant qu'à partir du 3e stade (voir schéma général de l'histoire des sociétés)

Classes étudiées:

Bourgeoisie industrielle - Bourgeoisie financière - bourgeoisie marchande -classe ouvrière - sans emplois (+/- équivalent au "lumpen proletariat" du jargon marxiste)- État (bureaucratie)- Petite bourgeoisie - Intellectuels - Paysans- Professions libérales (Médecine, droit) - Artisans - Artistes

 

 

Les classes dans le marxisme:

La vision d'une d'une description en classes n'est pas propre au marxisme. Leur rôle dans l'histoire (lutte des classes) est d'origine libérale. Le lien avec l'idéologie est plus marquée dans le marxisme, et c'est de cette idéologie que cette étude est incontestablement la plus proche.

Elle s'en distingue cependant sur des points importants:

D'une part, comme pour la vision de l'histoire, les conceptions des fondateurs du marxisme, Marx et Engels, ont toujours été assez sommaires, et dispersées dans divers ouvrages. Et il me semble qu'aucun développement fécond n'a eu lieu, les critiques (Althusser par exemple) apportant plus d'obscurité que de lumière au concept. La majeure partie du marxisme s'est, comme pour l'histoire, figée, au point de caricaturer les concepts initiaux (voir "petite-bourgeoisie", plus bas)

D'autre part, le marxisme définit une classe par rapport à sa place dans les rapports de production. Même si on ne limitera pas à cela, c'est globalement vrai pour la bourgeoisie industrielle(propriété des moyens de production) et la classe ouvrière (vente de la force de travail), pour d'autres aussi en partie, mais pas pour toutes (intellectuels, bureaucrates, artistes). Le marxisme, surtout après Marx ne se préoccupera que des deux premières classes, d'où sa limitation aux rapports de production, au point d'aboutir, dans sa version caricaturale, la plus répandue, à un raisonnement circulaire: les deux classes ont un rôle prépondérant dans les rapports de production, donc les autres sont négligeables; ces deux classes se distinguent avant tout par les rapports de production, donc toutes les classes se distinguent par les rapports de production. Une telle vision conduit à trois erreurs:

 

1 Si la lutte entre classe ouvrière et bourgeoisie industrielle est la plus importante, son destin dépendra aussi des autres classes. La classe victorieuse est celle qui entraîne le maximum d'autres classes derrière elles. Cette erreur est repoussée en mettant l'accent sur le processus de prolétarisation des autres classes, processus propre à la société industrielle (et qui ne fut jugée comme inactuelle que par ceux qui n'avait qu'une vision occidentale et non globale de l'évolution sociale). Ce processus touche toutes les autres classes, mais pas au point de rendre négligeables leur rôle historique.

2 La bourgeoisie vue comme une seule classe, et non trois (industrielle, financière et marchande) Cela pouvait paraître justifié par leurs intérêts communs, mais la prise en compte de leurs intérêts divergents est indispensable pour comprendre l'évolution historique, passée et  à venir.

3 La petite-bourgeoise est devenue dans le marxisme courant , et cela très tôt après Marx, un fourre-tout conceptuel dépourvu de la moindre rigueur, d'autant que le qualificatif de "petit-bourgeois" est utilisé comme un élément visant à dévaloriser l'adversaire dans les luttes entre les différents courants du marxisme, et particulièrement lié à "l'individualisme". Mais l'individualisme n'est pas propre à une ou plusieurs classes: il est lié à l'absence de conscience de classe, et est aussi fréquent en période de faible lutte dans toutes les classes.