<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?><rss version="2.0" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"><channel><title>Imaginales</title><link>http://charp.canalblog.com/</link><description>Conscience imaginaire et chemins alentour</description><language>fr</language><lastBuildDate>Sat, 26 Dec 2009 16:49:17 GMT</lastBuildDate><generator>CanalBlog - http://www.canalblog.com</generator><item><title>Freud &#xe0; l&apos;envers</title><dc:creator>charp</dc:creator><link>http://charp.canalblog.com/archives/2009/08/06/14662074.html</link><category>Incises</category><category>psychanalyse</category><category>symbolisme</category><comments>http://charp.canalblog.com/archives/2009/08/06/14662074.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://charp.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/14662074/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://charp.canalblog.com/archives/2009/08/06/14662074.html</guid><description>&lt;p&gt;Toute approche du fonctionnement r&#xe9;el de l&apos;imaginaire doit prendre en compte les travaux de Freud sur le r&#xea;ve, et en particulier sa description des diverses modalit&#xe9;s du travail du r&#xea;ve: condensation, d&#xe9;placement, figurabilit&#xe9; et &#xe9;laboration secondaire. Car ce n&apos;est pas seulement le r&#xea;ve qui est d&#xe9;crit l&#xe0;, mais l&apos;imaginaire en action. &lt;br /&gt;Le r&#xe9;cit de la qu&#xea;te symbolique ici d&#xe9;crit est le produit d&apos;un tel travail de l&apos;imaginaire: &lt;br /&gt;- la condensation n&apos;est que l&apos;image invers&#xe9;e de ce caract&#xe8;re &amp;quot;arachn&#xe9;en&amp;quot; des symboles dont j&apos;ai parl&#xe9; ailleurs. Elle signale cette polys&#xe9;mie fondamentale du symbolisme, qui&amp;nbsp; est aux yeux des rationalistes d&#xe9;terministes un signe de son peu de valeur, et qui, mal per&#xe7;u peut effectivement rendre le symbole illisble par trop de sens accumul&#xe9;: la condensation a ses r&#xe8;gles.&lt;br /&gt;- La figurabilit&#xe9;: l&#xe0;, c&apos;est l&apos;&#xe9;vidence. Le langage symbolique est un langage de figures. L&apos;expression de notions abstraites par des images est l&apos;une des caract&#xe9;ristique les plus frappantes du gnosticisme antique, en particulier le Valentinisme &#xe0; travers l&apos;&amp;quot;Evangile de V&#xe9;rit&#xe9;&amp;quot; o&#xf9; Erreur, Angoisse et Oubli deviennent des personnages de l&apos;action. Mieux: la chute selon les Valentiniens est cette &amp;quot;figurabilit&#xe9;&amp;quot; m&#xea;me, selon un processus que, de mani&#xe8;re int&#xe9;ressante, les traducteurs fran&#xe7;ais moderne (voir Jonas : la religion gnostique) appellent &amp;quot;condensation&amp;quot;: la chute, c&apos;est la transformation d&apos;&#xe9;l&#xe9;ments abstraits, ou d&apos;&#xe9;tats d&apos;&#xe2;me en &#xe9;l&#xe9;ments mat&#xe9;riels. la mati&#xe8;re, le monde tel qu&apos;il est, prison de l&apos;&#xe2;me selon l&apos;interpr&#xe9;tation gnostique, est le fruit m&#xea;me de ce processus de &amp;quot;condensation&amp;quot; qui ressemble &#xe0; la figurabilit&#xe9; de Freud.&lt;br /&gt;- l&apos;&#xe9;laboration secondaire: par ce terme, Freud parle de l&apos;organisation du r&#xea;ve sous forme de r&#xe9;cit. Nous nous trouvons l&#xe0; avec la diff&#xe9;rence soulign&#xe9;e auparavant entre gnostiques et po&#xe8;tes, et l&apos;occultation du r&#xe9;cit. On pourrait ici dire que cette &#xe9;laboration secondaire est absente, ou faible, chez les po&#xe8;tes. Freud consid&#xe9;rait qu&apos;elel visait &#xe0; masqueer &amp;quot;l&apos;absurdit&#xe9;&amp;quot;, l&apos;incoh&#xe9;rence du r&#xea;ve. Or, la pression, sur l&apos;&#xe9;laboration des pens&#xe9;es gnostiques, de l&apos;exigence de coh&#xe9;rence, , &#xe0; cause du contexte id&#xe9;ologique, de la volont&#xe9; de donner une &amp;quot;interpr&#xe9;tation du monde, est autrement plus forte que chez les artistes, chez qui l&apos;&amp;quot;absurdit&#xe9;&amp;quot; et l&apos;incoh&#xe9;rence sont pardonn&#xe9;s.&lt;br /&gt;Mais plus encore: Freud souligne que, malgr&#xe9; le terme de &amp;quot;secondaire&amp;quot; qui implique que cette modalit&#xe9; du travail a lieu apr&#xe8;s les autres, elle tend &#xe0; diriger ces modalit&#xe9;s, en les orientant vers une possibilti&#xe9;s de r&#xe9;cit. Autrement dit, la figurabilit&#xe9;contient un potentiel narratif, ce qui nous ram&#xe8;ne &#xe0; ce qui a &#xe9;t&#xe9; dit auparavant sur le fait que &amp;quot;&lt;a href=&quot;http://charp.canalblog.com/archives/2009/08/02/14609271.html&quot;&gt;tout symbole est un r&#xe9;cit en puissance&lt;/a&gt;&amp;quot;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant au d&#xe9;placement, c&apos;est peut-&#xea;tre l&apos;&#xe9;l&#xe9;ment le plus fondamental, surtout lorsqu&apos;il s&apos;agit &amp;quot;d&apos;&#xe9;pancher le r&#xea;ve dans la vie r&#xe9;elle&amp;quot; (Nerval), mais il est aussi plus complexe, et son lien avec ce dont on parle ici moins &#xe9;vident. On devrait y revenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seulement voil&#xe0;: dans la perspective de Freud, tout ce travail ne semble servir qu&apos;&#xe0; masquer le contenu latent, &#xe0; exprimer les d&#xe9;sirs refoul&#xe9;s, &#xe0; tromper la censure. Le r&#xea;ve, dit-il, n&apos;est pas cr&#xe9;ateur. C&apos;est &#xe0; mon sens une erreur de perspective li&#xe9;e &#xe0; la position m&#xea;me du psychanalyste qui remonte le courant du r&#xea;ve, allant du delta du contenu manifeste aux sources latentes. En &#xe9;tendant ses d&#xe9;couvertes &#xe0; l&apos;ensemble des processus imaginaires, on semble ignorer cet &#xe9;l&#xe9;ment fondamental de l&apos;analyse de Freud: le r&#xf4;le de la censure. C&apos;est qu&apos;elle ne joue qu&apos;un r&#xf4;le accessoire, voire accidentel, du moins dans un premier temps. Le fait que les processus de cr&#xe9;ations imaginaires &amp;quot;trompent&amp;quot; la censure n&apos;est qu&apos;un effet secondaire. Mais cet effeet secondaire, non d&#xe9;terminant, permet aux fruits de ce travail l&apos;acc&#xe8;s &#xe0; la conscience, et donc ont un effet en retour non n&#xe9;gligeable dans les derniers moments du travail. &lt;br /&gt;L&apos;erreur de perspective est un peu celle qu&apos;un promeneur pourrait faire en remontant les traces d&apos;un autre pour tenter de savoir d&apos;o&#xf9; il vient: au premier carrefour, qui du point de vue descendant du promeneur imaginaire &#xe9;tait la rencontre impr&#xe9;vue entre le processus imaginaire et le processus de la censure, le promeneur analyste qui avance de mani&#xe8;re rationnelle va pr&#xe9;f&#xe9;r&#xe9; le chemin battu de la censure aux sous-bois incertains de l&apos;imaginaire. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que la censure soit tromp&#xe9;e par l&apos;imaginaire, c&apos;est-&#xe0;-dire qu&apos;elle ne puisse en d&#xe9;monter le processus, la signale elle-m&#xea;me comme un processus rationnel, identitaire. Car ce qu&apos;elle vise, c&apos;est la liaison d&apos;un affect et d&apos;un objeet, liaison dont la stabilisation est la base m&#xea;me de toute approche identitaire, fondement de la pens&#xe9;e rationnelle (le &amp;quot;a=a&amp;quot;). Ce qui pourrait nous amener &#xe0; concevoir la pens&#xe9;e rationnelle comme un processu psychique ayant &#xe9;vacu&#xe9; tout d&#xe9;placement. Mais on l&apos;a dit, c&apos;est l&#xe0; un domaine autrement plus complexe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La psychanalyse a jou&#xe9; un r&#xf4;le essentiel dans la formation du surr&#xe9;alisme, et ceux-ci n&apos;ont cess&#xe9; de se r&#xe9;clamer de Freud, - alors que les &amp;quot;sp&#xe9;cialistes&amp;quot; des pens&#xe9;es imaginaires anciennes (Corbin entre autres) vont voir chez Jung-, Freud qui au contraire voyait avec m&#xe9;fiance et incompr&#xe9;hension ces &#xe9;tranges admirateurs. Il est regrettable que les surr&#xe9;alsites n&apos;aient pas chercher &#xe0; mieux comprendre le sens de ce malentendu. Sans &#xe9;puiser la question, je crois qu&apos;il tient justement &#xe0; ce que celui-ci repose sur cette diff&#xe9;rence de perspective: le surr&#xe9;alisme chemine &#xe0; rebours du psychanalyste? Ce sont bien les m&#xea;mes terres qu&apos;ils arpentent, mais leurs horizons et ce qu&apos;ils leur d&#xe9;couvrent diff&#xe8;re.&lt;/p&gt;</description><pubDate>Thu, 06 Aug 2009 08:06:00 GMT</pubDate></item><item><title>Du fait mat&#xe9;rialiste &#xe0; l&apos;un mystique</title><dc:creator>charp</dc:creator><link>http://charp.canalblog.com/archives/2009/08/05/14609561.html</link><category>Incises</category><comments>http://charp.canalblog.com/archives/2009/08/05/14609561.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://charp.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/14609561/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://charp.canalblog.com/archives/2009/08/05/14609561.html</guid><description>&lt;p&gt;Le terme de mat&#xe9;rialisme porte en lui, source de d&#xe9;voiements, les conditions historiques de son &#xe9;mergence. Un mat&#xe9;rialisme cons&#xe9;quent n&apos;a pas &#xe0; donner le primat &#xe0; la&lt;em&gt; mati&#xe8;re&lt;/em&gt;, mais au &lt;em&gt;fait&lt;/em&gt;. C&apos;est de la d&#xe9;composition du fait en mati&#xe8;re et en temps irr&#xe9;versible qui produit l&apos;appr&#xe9;hension de l&apos;objet, l&apos;irr&#xe9;versibilit&#xe9; du temps &#xe9;tant elle-m&#xea;me le produit de la d&#xe9;composition du &lt;em&gt;fait&lt;/em&gt; en cause et effet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#xe9;introduire le temps dans le mat&#xe9;rialisme, c&apos;est ce que les termes de &lt;em&gt;mat&#xe9;rialisme historique&lt;/em&gt; soulignent. Que ces termes aujourd&apos;hui renvoie au marxisme n&apos;est certes pas pour me d&#xe9;plaire: j&apos;y vois en effet l&#xe0; la forme la plus cons&#xe9;quente du mat&#xe9;rialisme moderne. Mais il y a encore loin de l&apos;ambition inscrite dans ces termes &#xe0; la r&#xe9;alisation d&apos;une pens&#xe9;e authentiquement mat&#xe9;rialiste. Comme toute pens&#xe9;e mat&#xe9;rialiste moderne, le marxisme s&apos;enracine dans l&apos;id&#xe9;alisme rationaliste du XVIIIe. Il ne suffit pas de &amp;quot;remettre Hegel sur ses pieds&amp;quot; pour sortir de l&apos;id&#xe9;alisme. Il faut aussi, entre autres, d&#xe9;barrasser sa dialectique si f&#xe9;conde de son reliquat religieux, la synth&#xe8;se, autre mot pour le salut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C&apos;est avec cette r&#xe9;flexion en arri&#xe8;re-plan qu&apos;il m&apos;arrive de souligner combien le terme de salut, que par fid&#xe9;lit&#xe9; pour les formes anciennes et modernes (le terme de &amp;quot;salut&amp;quot; est fr&#xe9;quent chez Breton) j&apos;ai gard&#xe9; pour le septi&#xe8;me stade de la qu&#xea;te, me para&#xee;t trompeur. Il n&apos;y a pas de salut, pas de point sublime o&#xf9; les contraires se rencontrent, et pourtant c&apos;est dans la qu&#xea;te de ce point que se retrouve la conscience humaine au plus haut de l&apos;&#xea;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l&apos;on veut chercher une dialectique qui se passe de synth&#xe8;se, on peut d&#xe9;j&#xe0; aller du c&#xf4;t&#xe9; d&apos;H&#xe9;raclite. Mais c&apos;est singuli&#xe8;rement un mystique comme Ibn Arabi qui en fait l&apos;usage le plus &#xe9;tincelant, dans une pens&#xe9;e qui avance au gr&#xe9; des tensions amoureuses sans cesse renouvel&#xe9;es entre termes contradictoires. Comme dans certaines pens&#xe9;es extr&#xea;me-orientale, l&apos;Un y reste de l&apos;ordre du paradoxal, de l&apos;insurmontable. Mystique, Ibn Arabi n&apos;en continue pas moins, naturellement, d&apos;affirmer l&apos;existence, au-del&#xe0; de toute pens&#xe9;e, de cet Un, et du salut, et c&apos;est m&#xea;me cette foi en l&apos;Un qui a permis &#xe0; ces mystiques vieux de pr&#xe8;s d&apos;un mill&#xe9;naire d&apos;avancer si loin sur le chemin de la conscience imaginaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Refuser le &amp;quot;salut&amp;quot;, c&apos;est ce que tout mat&#xe9;rialisme exige, et cela suppose de reconna&#xee;tre la dimension tragi-comique de la condition humaine, cet effort constant vers le d&#xe9;finitivement inaccessible. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En s&#xe9;parant l&apos;imaginaire de la raison, qui semblaient encore se confondre encore dans la pens&#xe9;e mythique, la pens&#xe9;e moderne a pu avancer, mais au prix d&apos;un divorce d&#xe9;finitif. L&apos;homme a quitt&#xe9; le Jardin de l&apos;Un, qui n&apos;&#xe9;tait qu&apos;indistinction du multiple. Il n&apos;y a jamais eu d&apos;harmonie, d&apos;Un originel. Mais il y a,dans la vie, ces moments o&#xf9; &amp;quot;la mal&#xe9;diction&amp;quot; semble lev&#xe9;e: co&#xef;ncidences, volupt&#xe9;s, r&#xea;verie, vertige; rencontre amoureuse, extase -spirituelle ou charnelle; . Cherche-t-on &#xe0; le fixer, ce sentiment de l&apos;harmonie retrouv&#xe9;e, qu&apos;il s&apos;efface aussit&#xf4;t: d&apos;o&#xf9; cette sensation de ne conna&#xee;tre l&apos;Un que dans la perte. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette unit&#xe9;, cet &#xe2;ge d&apos;or n&apos;existe pas dans la pens&#xe9;e, mais seulement dans le fait. Que l&apos;on songe alors &#xe0; ceci: les mystiques, du moins ceux dont nous parlons ici et qui participent d&apos;une pens&#xe9;e gnostique, s&apos;opposaient avec vigueur aux th&#xe9;ologiens qui pr&#xe9;tendaient penser l&apos;Un, ce qui &#xe9;taient &#xe0; leurs yeux grave erreur. &#xc9;videmment, cet au-del&#xe0; de la pens&#xe9;e, il n&apos;&#xe9;tait pour eux question de le poser dans le fait mat&#xe9;riel et temporel: au contraire, celui-ci, extr&#xea;me du fragmentaire ne pouvait &#xea;tre que le plus &#xe9;loign&#xe9; de l&apos;Un. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C&apos;est qu&apos;ils sont tributaires, du moins dans l&apos;&#xe9;laboration sp&#xe9;culative qui suit le fait mystique,&amp;nbsp; de cette inversion du sacr&#xe9; qui signale le passage de la pens&#xe9;e mythique &#xe0; la pens&#xe9;e religieuse. Ce qui est sacr&#xe9;, dans la pens&#xe9;e mythique, c&apos;est le singulier, l&apos;hors-r&#xe8;gles. Les lieux sacr&#xe9;s, ce sont les arbres foudroy&#xe9;s, les &#xea;tres sacr&#xe9;s, ce sont les fous.&amp;nbsp; Lorsque le sacr&#xe9; devient enjeu de pouvoir, &#xe0; l&apos;aube des premiers Etats, le sacr&#xe9; devenant le lieu de la r&#xe8;gle, le singulier devient l&apos;exemplaire, l&apos;unique devient l&apos;Un. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mystiques gnostiques, souvent, valorisent justement le singulier, mais comme manifestation de cet Un &#xe0; la fois inaccessible et toujours pr&#xe9;sent. Il est &#xe0; vrai dire dangereux de s&apos;avancer dans ces terres d&apos;une &#xe9;trange subtilit&#xe9; spirituelle avec les gros sabots du rationalisme moderne, qui cherchent le sens identifi&#xe9;, et manquent la polys&#xe9;mie ouverte du symbolisme imaginal, malentendu aggrav&#xe9; par les si&#xe8;cles qui nous en s&#xe9;parent et ont chang&#xe9; les &#xe9;chos dont leurs mots sont charg&#xe9;s. Le mot &amp;quot;Dieu&amp;quot; m&#xea;me ne se r&#xe9;f&#xe8;re chez eux &#xe0; rien de ce que nous pourrions y attacher, et -ils le r&#xe9;p&#xe8;tent assez-, n&apos;est absolument pas le &amp;quot;Dieu des religions&amp;quot;. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils sont bien plus proches d&apos;un mat&#xe9;rialisme cons&#xe9;quent que trop de nos rationalistes contemporains pr&#xe9;tendument ath&#xe9;es qui veulent garder &#xe0; la Raison l&apos;aura d&apos;absolu que lui ont conf&#xe9;r&#xe9; les th&#xe9;ologiens. En observant les p&#xe9;r&#xe9;grinations de la symbolique de la qu&#xea;te, des gnostiques aux po&#xe8;tes, on voit le fait retrouver toute sa place. Il est au coeur de l&apos;aventure surr&#xe9;aliste, et particuli&#xe8;rement dans ce qui ressort du &amp;quot;hasar objectif&amp;quot;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les surr&#xe9;alistes se sont peu pr&#xe9;occup&#xe9;s d&apos;&#xe9;laboration. La d&#xe9;soccultation du fait y a pour pendant l&apos;occultation de la qu&#xea;te. Celle-ci, qui est l&apos;imaginaire m&#xea;me, ne peut certes plus se d&#xe9;ployer dans la lin&#xe9;arit&#xe9; des anciens visionnaires de l&apos;Un, et doit reconna&#xee;tre qu&apos;il n&apos;est pas d&apos;accomplissement. Eux-m&#xea;mes le laissent entendre, qui voient le &amp;quot;salut&amp;quot; non dans la fin, mais dans la qu&#xea;te m&#xea;me. Celle-ci n&apos;existe plus que comme &lt;em&gt;point de fuite&lt;/em&gt; d&apos;une vie &#xe9;clat&#xe9;e mais aux infinis rencontres arachn&#xe9;ennes qu&apos;&#xe9;veillent la conscience po&#xe9;tique. Elle n&apos;est que dans le fragmentaire extr&#xea;me du fait, br&#xfb;l&#xe9; par la foudre de l&apos;&#xe9;motion. Il n&apos;y a d&apos;harmonie que dans la chute. Tr&#xe9;bucher est le propre de l&apos;homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Cette nouvelle rubrique qu&apos;inaugure ce texte, &amp;quot;Incises&amp;quot;, aurait d&apos;ailleurs pu s&apos;appeler &amp;quot;Tr&#xe9;buchements&amp;quot;. Dans l&apos;&#xe9;criture de&lt;/em&gt; &amp;quot;&lt;a href=&quot;http://charp.canalblog.com/archives/approche_symbolique/index.html&quot;&gt;l&apos;approche symbolique&lt;/a&gt;&amp;quot;,&lt;em&gt; je me heurte sans cesse &#xe0; des notions, des r&#xe9;flexions un peu hors sujet qui me font d&#xe9;river, ou anticiper. Ce go&#xfb;t, toujours, de me perdre, de me laisser d&#xe9;river, qui au mieux pourrait se voir comme une mani&#xe8;re d&apos;&#xe9;carter les troncs morts du chemin. Plut&#xf4;t que d&apos;en alourdir le texte central, j&apos;en ferais donc, de temps &#xe0; autre, le sujet d&apos;un article en apart&#xe9;. &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Wed, 05 Aug 2009 17:21:00 GMT</pubDate></item><item><title>L&apos;&#xe9;veil II - Introduction (b)</title><dc:creator>charp</dc:creator><link>http://charp.canalblog.com/archives/2009/08/02/14609271.html</link><category>Approche symbolique</category><comments>http://charp.canalblog.com/archives/2009/08/02/14609271.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://charp.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/14609271/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://charp.canalblog.com/archives/2009/08/02/14609271.html</guid><description>&lt;p&gt;&lt;em&gt;3 Fractales&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J&apos;insiste volontiers sur le caract&#xe8;re fragmentaire de cette &#xe9;tude, sur les limites li&#xe9;es &#xe0; la forte diff&#xe9;rence de &lt;em&gt;potentiel&lt;/em&gt; entre le sujet et l&apos;auteur. Il est temps ici de souligner les vertus de cette fragmentation, par la gr&#xe2;ce des propri&#xe9;t&#xe9;s m&#xea;me de l&apos;imaginaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La raison se d&#xe9;ploie en &#xe9;nonc&#xe9;, se d&#xe9;compose en concepts, chacun tendant &#xe0; s&apos;exclure l&apos;un l&apos;autre, l&apos;&#xe9;nonc&#xe9; ne pouvant se r&#xe9;duire &#xe0; aucun des concepts qui le composent sans verser dans le pl&#xe9;onasme. Chaque &#xe9;tage des demeures logiques est clairement s&#xe9;par&#xe9; l&apos;un de l&apos;autre, selon une succession de dimensions faisant &#xe9;chos aux liens g&#xe9;om&#xe9;triques entre point, plan et espace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&apos;imaginaire se d&#xe9;ploie en r&#xe9;cit, se d&#xe9;compose en images. Mais toute image doit &#xea;tre appr&#xe9;hend&#xe9;e comme un r&#xe9;cit en puissance, ou comme les fragments survivants d&apos;un r&#xe9;cit perdu. Chaque &#xe9;l&#xe9;ment du r&#xe9;cit est un r&#xe9;cit &#xe0; une &#xe9;chelle inf&#xe9;rieure, selon une homoth&#xe9;tie interne symbolique.&amp;nbsp; Que la c&#xf4;te de Bretagne fut l&apos;une des premi&#xe8;res images du concept topologique de fractale, cette Bretagne dont la &lt;em&gt;Mati&#xe8;re&lt;/em&gt; constitue le terreau le plus f&#xe9;cond de la conscience po&#xe9;tique en Occident,&amp;nbsp; entre autres par les cycles arthuriens, m&#xe9;rite d&apos;&#xea;tre soulign&#xe9;. Le scientifique, certes, vise &#xe0; la mesurer, le po&#xe8;te y erre. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, le premier stade de la qu&#xea;te contient-il tous les suivants:&lt;br /&gt;2 L&apos;&#xe9;veil est d&apos;abord un &lt;em&gt;r&#xe9;veil&lt;/em&gt;, un rappel des origines, de l&apos;Age d&apos;or d&apos;avant, d&apos;hors le temps&lt;br /&gt;3 Il est aussi cri (particuli&#xe8;rement dans la Gnose antique): cri de douleur, conscience d&apos;&#xea;tre, en la condition humaine primaire, un prisonnier&lt;br /&gt;4 L&apos;&#xe9;veil brise, par son intrusion, les cha&#xee;nes de la conscience commune: il est d&#xe9;j&#xe0; un d&#xe9;tachement, un exil.&lt;br /&gt;5 Il est aussi voyage, un voyage r&#xe9;duit en ses p&#xf4;les, origine et destin&#xe9;e, Ici et L&#xe0; dont la conversion constitue l&apos;essence m&#xea;me de la qu&#xea;te&lt;br /&gt;6 Il est, par la rencontre avec l&apos;Etranger,&amp;nbsp; la mise en pr&#xe9;sence de l&apos;Autre comme Soi v&#xe9;ritable&lt;br /&gt;7 Enfin, l&apos;&#xe9;veil est, d&#xe9;j&#xe0;, le salut: ce sera d&apos;ailleurs ce caract&#xe8;re de salut imm&#xe9;diat et inconditionnel de la Gnose antique qui scandalisa le plus le christianisme en gestation qui lui est contemporain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, l&apos;&#xe9;tude de ce premier stade est-il une approche de l&apos;ensemble m&#xea;me de la qu&#xea;te. &lt;br /&gt;Et il en va de m&#xea;me lorsque l&apos;on d&#xe9;compose chaque stade en ses figures symboliques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si tout symbole est un r&#xe9;cit en puissance, c&apos;est qu&apos;il est d&apos;abord un &lt;em&gt;fait&lt;/em&gt;, et une &#xe9;motion. Le fait central de l&apos;Eveil est la rencontre avec l&apos;&#xe9;tranger, et le sentiment, celui des retrouvailles. Fait et &#xe9;motion forment ici un oxymore, l&apos;&#xe9;tranger familier, et c&apos;est sans doute l&#xe0; une propri&#xe9;t&#xe9; constante et essentielle de toute &#xe9;laboration symbolique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#xe9;ploiement de ce fait central en &#xe9;pisode initial de la qu&#xea;te r&#xe9;pond &#xe0; de simples potentialit&#xe9;s logiques: s&apos;il est &#xe9;tranger, c&apos;est qu&apos;il vient d&apos;ailleurs, s&apos;il est de ma famille, c&apos;est que cet ailleurs est ma vraie patrie. Si L&#xe0; est ma vraie patrie, Ici est une illusion. Si c&apos;est un &#xe9;veil, c&apos;est que j&apos;&#xe9;tais endormi, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que la logique, mode rationnel par excellence, joue un r&#xf4;le fondamental dans le d&#xe9;ploiement de la conscience imaginaire n&apos;&#xe9;tonnera que celui qui verrait entre ces deux visages de la pens&#xe9;e une diff&#xe9;rence de nature. Il s&apos;agit en fait d&apos;un retournement de sens, d&apos;orientation, de conversion. Ce qui est d&#xe9;cisif est de savoir qui donne le la: le d&#xe9;ploiement le logique se fait ici au service de l&apos;illumination po&#xe9;tique, d&#xe9;coule d&apos;elle et non l&apos;inverse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C&apos;est en ce sens que l&apos;approche la plus courante de ces pens&#xe9;es, l&apos;approche disons philosophique, commen&#xe7;ant par leurs conceptions du monde, ne peut faire que fausse route. Gnostiques et po&#xe8;tes ne sont pas arriv&#xe9;s &#xe0; la conscience po&#xe9;tique par une r&#xe9;flexion sur la condition humaine. Ils ont d&apos;abord v&#xe9;cu des faits spirituels, qu&apos;ils ont d&#xe9;ploy&#xe9;s ensuite, pour parfois tirer de ces faits une vision nouvelle de l&apos;homme, visions ancr&#xe9;es dans le contexte id&#xe9;ologique de leurs &#xe9;poques respectives, et d&#xe8;s lors divergentes. (voir ici : &lt;em&gt;&lt;a href=&quot;http://charp.canalblog.com/archives/2008/05/11/5953631.html&quot;&gt;Parcours&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;)&lt;br /&gt;Seul le retour au fait initial peut permettre d&apos;appr&#xe9;hender l&apos;&#xe9;trange familiarit&#xe9; entre elles.&lt;/p&gt;</description><pubDate>Sun, 02 Aug 2009 07:14:00 GMT</pubDate></item><item><title>L&apos;&#xe9;veil II - Introduction (a)</title><dc:creator>charp</dc:creator><link>http://charp.canalblog.com/archives/2009/08/01/14482837.html</link><category>Approche symbolique</category><comments>http://charp.canalblog.com/archives/2009/08/01/14482837.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://charp.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/14482837/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://charp.canalblog.com/archives/2009/08/01/14482837.html</guid><description>&lt;p&gt;&lt;em&gt;1 Rappel:&lt;/em&gt; (voir &lt;a href=&quot;http://charp.canalblog.com/archives/2009/04/07/13290646.html&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Plan g&#xe9;n&#xe9;ral de l&apos;approche symbolique&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chacune des sept &#xe9;tapes symboliques de cette &#xe9;tude devrait &#xea;tre divis&#xe9;e en trois: &lt;br /&gt;I) Pr&#xe9;sence du r&#xe9;cit: la cueillette de fragments dans les textes, qui permettent de d&#xe9;celer la pr&#xe9;sence de ces nœuds symboliques dans les pens&#xe9;es ici abord&#xe9;es&lt;br /&gt;II) Situation symbolique: montrer en quoi ces &#xe9;l&#xe9;ments symboliques nous permettent d&apos;atteindre le cœur m&#xea;me de chacune de ces aventures spirituelles;&lt;br /&gt;III) La source des faits: tenter, gr&#xe2;ce &#xe0; cette approche symbolique, d&apos;approcher la r&#xe9;alit&#xe9; psychique sous-jacente &#xe0; ces divers moments.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette approche vise &#xe0; montrer que les liens, souvent soulign&#xe9;s, entre ces diverses spiritualit&#xe9;s, est fond&#xe9;e, non pas sur la transmission d&apos;un v&#xe9;rit&#xe9; intangible, mais sur la r&#xe9;surgence r&#xe9;p&#xe9;t&#xe9;e, au sein de la conscience sociale, d&apos;une r&#xe9;alit&#xe9; psychique g&#xe9;n&#xe9;ralement occult&#xe9;e, et de revendiquer pour l&apos;imaginaire la place qu&apos;il lui revient dans la vie&amp;nbsp; et le destin de l&apos;homme. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;2 Remarques:&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;quot;Conscience sociale&amp;quot;, concernant une aventure spirituelle par essence singuli&#xe8;re peut para&#xee;tre contradictoire. Mais ce qui caract&#xe9;rise les spiritualit&#xe9;s ici abord&#xe9;es, c&apos;est justement la mise en commun de ces aventures, et la volont&#xe9; de faire valoir dans la soci&#xe9;t&#xe9; les valeurs produites par cette exp&#xe9;rience, et la vie sur laquelle elles ouvrent. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il serait m&#xea;me utile d&apos;aller plus loin dans cette dimension sociale, en montrant que cette conscience &#xe9;mane de groupes sociaux pr&#xe9;cis, c&apos;est-&#xe0;-dire d&apos;une activit&#xe9; particuli&#xe8;re, dont la division du travail propre &#xe0; nos soci&#xe9;t&#xe9;s depuis plusieurs mill&#xe9;naires, masque la valeur universelle. Nous l&apos;aborderons dans un texte ult&#xe9;rieur, &amp;quot;Le m&#xe9;decin et l&apos;artisan&amp;quot;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il serait n&#xe9;anmoins int&#xe9;ressant aussi d&apos;aborder certaines figures isol&#xe9;es, comme Jacob B&#xf6;hme ou Arthur Rimbaud. On les &#xe9;voquera &#xe7;a et l&#xe0;, sans doute, mais le nœud de cette recherche reste centr&#xe9;e sur ces mouvements dont la dimension collective a vari&#xe9;, -tr&#xe8;s marqu&#xe9;e dans les sectes gnostiques de l&apos;antiquit&#xe9; ou le groupe surr&#xe9;aliste, plus ancr&#xe9;e dans le sentiment d&apos;un compagnonnage spirituel parfois, dans la gnose m&#xe9;di&#xe9;vale musulmane, tr&#xe8;s fugacement dans les cercles romantiques - mais n&apos;en constitue pas moins un trait essentiel, en polarit&#xe9; avec l&apos;inexpugnable singularit&#xe9; de la qu&#xea;te m&#xea;me..&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre l&apos;absence de figures isol&#xe9;es, une autre limite de cette &#xe9;tude est qu&apos;elle n&apos;aborde que l&apos;aire de civilisation issue du &amp;quot;croissant fertile&apos;, dont les civilisations proche-orientale et europ&#xe9;ennes sont issues, laissant de c&#xf4;t&#xe9; l&apos;Inde,(certaines formes de la Bakhti au XVe si&#xe8;cle, peut-&#xea;tre, nous auraient men&#xe9; sur des chemins similaires) l&apos;Extr&#xea;me-Orient, entre autre autour du zen et de certains taoismes, mais surtout les pens&#xe9;es dites &amp;quot;primitives&amp;quot;, et en particulier le shamanisme:le voyage du shaman tel que l&apos;a d&#xe9;crit entre autres Mircea Eliade n&apos;est pas sans rapport sans doute avec la qu&#xea;te dont il est ici question, peut-&#xea;tre m&#xea;me faut-il y voir la conscience po&#xe9;tique aux racines les plus anciennes. Le shaman, qui se situe aux confins de la gu&#xe9;rison et de la po&#xe9;tique, du salut visionnaire....&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#xea;me dans les limites actuelles cette recherche m&apos;a ouvert un champ bien trop vaste pour permettre d&apos;en faire un tour exhaustif. Encore, si une passion exclusive m&apos;avait guid&#xe9;, aurais-je pu aller plus loin. Le doute, le go&#xfb;t des chemins de traverses et du rien, comme les obsc&#xe8;nes exigences sociales du monde moderne, font que tout ceci resta fragmentaire. Seuls les chapitres pr&#xe9;c&#xe9;dents ont &#xe9;t&#xe9; men&#xe9; &#xe0; terme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;je vais donc reprendre ici un voyage dont seules quelques balises ont &#xe9;t&#xe9; pos&#xe9;es. Sans doute tout cela ne restera-t-il qu&apos;&#xe9;bauches. Il importe peu...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette seconde partie, charni&#xe8;re entre le pr&#xe9;sence et le fait, tentera de nous mener au coeur m&#xea;mes des diff&#xe9;rentes pens&#xe9;es. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;</description><pubDate>Sat, 01 Aug 2009 07:52:00 GMT</pubDate></item><item><title>Julien Gracq - Entretiens autour du Roi P&#xea;cheur</title><dc:creator>charp</dc:creator><link>http://charp.canalblog.com/archives/2009/07/13/14384383.html</link><category>Lectures</category><comments>http://charp.canalblog.com/archives/2009/07/13/14384383.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://charp.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/14384383/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://charp.canalblog.com/archives/2009/07/13/14384383.html</guid><description>&lt;p&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&lt;br /&gt;&amp;quot;Je suis toujours g&#xea;n&#xe9; par la tendance de l&apos;&#xe9;poque &#xe0; la symbolisation. Au Moyen-&#xc2;ge, il y avait beaucoup plus ce sens du concret, qui est par certains c&#xf4;t&#xe9;s ridicule, parodique; la relique, par exemple, est une chose qu&apos;on touche, qu&apos;on cherche, qu&apos;on ach&#xe8;te. C&apos;est ce que le surr&#xe9;alisme a retrouv&#xe9; d&apos;une certaine mani&#xe8;re parce que - c&apos;est pourquoi il m&apos;int&#xe9;ressait beaucoup- il ne se contentait pas de satisfactions symboliques, il cherchait le lieu et la formule, quelque chose qui pouvait changer la vie, mais r&#xe9;ellement. Il ne cherchait pas de substituts.&amp;quot;&lt;br /&gt;[...]&lt;br /&gt;&amp;quot;Contrairement &#xe0; ce qui se passe pour le Graal christianis&#xe9;, le &lt;em&gt;Roi P&#xea;cheur&lt;/em&gt; traduit une vision pessimiste. La pi&#xe8;ce se termine par un constat d&apos;&#xe9;chec. J&apos;&#xe9;tais m&#xea;me assez surpris que Breton ait aim&#xe9; beaucoup cette pi&#xe8;ce, le &lt;em&gt;Roi P&#xea;cheur&lt;/em&gt;, comme il me l&apos;a dit souvent, comme il me l&apos;a &#xe9;crit, dans des termes d&apos;approbation compl&#xe8;te, car elle &#xe9;tait plut&#xf4;t contraire aux esp&#xe9;rances surr&#xe9;alistes dans la mesure o&#xf9; elle se termine par un constat d&apos;impossibilit&#xe9; &#xe0; atteindre ce point sublime...&amp;quot;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&lt;em&gt;Extraits de l&apos;entretien avec Jean Roudaut, autour du &amp;quot;Roi P&#xea;cheur&amp;quot;,&lt;br /&gt;in &amp;quot;Entretiens&amp;quot;, chez Jos&#xe9; Corti.&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Dans l&apos;apparente tension du surr&#xe9;alisme entre l&apos;art, ou la litt&#xe9;rature, et la volont&#xe9; de changer la vie, Julien Gracq repr&#xe9;sente incontestablement une figure-fronti&#xe8;re, le p&#xf4;le litt&#xe9;raire. Il lui en fut fait reproche, entre autres &#xe0; propos de son remarquable essai, &amp;quot;Andr&#xe9; Breton&amp;quot;, o&#xf9; il n&apos;aborde celui-ci que comme &amp;quot;&#xe9;crivain&amp;quot;, s&apos;attardant en apparence plus au style qu&apos;aux id&#xe9;es. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A l&apos;autre extr&#xe9;mit&#xe9; du surr&#xe9;alisme, il y a ces jeunes gens qui n&apos;ont laiss&#xe9; que quelques traces, flamboyantes, mais d&#xe9;daigneuses de toute r&#xe9;ussite litt&#xe9;raire, misant tout sur l&apos;exaltation des faits po&#xe9;tiques: Vach&#xe9;, Rigaut, Rodanski, Tarnaud, et quelques autres, qui &#xe0; certains &#xe9;gards font &lt;/em&gt;&#xe9;cho &lt;em&gt;au silence rimbaldien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourtant... c&apos;est justement Gracq qui donne aux textes et &#xe0; l&apos;attitude de Rodanski l&apos;un des plus beaux &#xe9;clairages dans sa pr&#xe9;face &#xe0; l&apos;&#xe9;dition, chez Di Dio, de &amp;quot;&lt;/em&gt;La victoire &#xe0; l&apos;ombre des ailes&lt;em&gt;&amp;quot; et du &amp;quot;&lt;/em&gt;Lancelo et la Chim&#xe8;re&lt;em&gt;&amp;quot;. C&apos;est lui encore qui r&#xe9;agit avec enthousiasme &#xe0; la publication, toujours au &amp;quot;Soleil noir&amp;quot; de la &amp;quot;&lt;/em&gt;Forme r&#xe9;fl&#xe9;chie&lt;em&gt;&amp;quot; de Tarnaud. Sa &lt;a href=&quot;http://www.claudetarnaud.com/pages/lettre-gracq.html&quot;&gt;derni&#xe8;re lettre&lt;/a&gt;, montre qu&apos;il a gard&#xe9; pour cette g&#xe9;n&#xe9;ration qui &amp;quot;r&#xe9;animait le surr&#xe9;alisme&amp;quot;, une sympathie constante.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L&apos;erreur serait de vouloir simplifier cet apparent paradoxe, alors que c&apos;est pr&#xe9;cis&#xe9;ment dans cette dimension paradoxale de l&apos;&#xe9;cho ressenti, entre les deux p&#xf4;les que se trouve l&apos;essentiel. De l&apos;un &#xe0; l&apos;autre, le fil t&#xe9;nu du Graal.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Mon, 13 Jul 2009 12:05:47 GMT</pubDate></item><item><title>Well</title><dc:creator>charp</dc:creator><link>http://charp.canalblog.com/archives/2009/06/29/14229788.html</link><comments>http://charp.canalblog.com/archives/2009/06/29/14229788.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://charp.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/14229788/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://charp.canalblog.com/archives/2009/06/29/14229788.html</guid><description>&lt;p&gt;Il fait une chaleur pleine de mouches et d&apos;odeurs de bo&#xee;tes de conserves entr&apos;ouvertes.&lt;br /&gt;Je suis votre serviteur.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;Jacques Vach&#xe9;, 16 juin 1917&lt;br /&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://storage.canalblog.com/85/60/338028/41179741.jpg&quot;&gt;&lt;img height=&quot;93&quot; border=&quot;0&quot; width=&quot;131&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/85/60/338028/41179741_p.jpg&quot; alt=&quot;Jacques_Vach__1024&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Mon, 29 Jun 2009 07:17:00 GMT</pubDate></item><item><title>POINT DE FUITE</title><dc:creator>charp</dc:creator><link>http://charp.canalblog.com/archives/2009/05/05/13621487.html</link><category>Lectures</category><comments>http://charp.canalblog.com/archives/2009/05/05/13621487.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://charp.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/13621487/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://charp.canalblog.com/archives/2009/05/05/13621487.html</guid><description>&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;em&gt;&#xab; des mots, ah oui, des mots ! mais des mots de sang frais, &lt;br /&gt;des mots qui sont des raz-de-mar&#xe9;e et des &#xe9;r&#xe9;sip&#xe8;les &lt;br /&gt;et des paludismes et des laves et des feux de brousse, &lt;br /&gt;et des flamb&#xe9;es de chair, et des flamb&#xe9;es de ville. &amp;quot;&lt;/em&gt;&amp;nbsp; &lt;br /&gt;Aim&#xe9; C&#xe9;saire, Cahier d&apos;un retour au pays natal&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://storage.canalblog.com/30/73/338028/39102883.jpg&quot;&gt;&lt;img height=&quot;450&quot; border=&quot;0&quot; width=&quot;307&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/30/73/338028/39102883_p.jpg&quot; alt=&quot;aden_salut_et_libert__C1&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;Fr&#xe9;d&#xe9;ric Thomas, chez &lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://www.aden.be/&quot;&gt;Aden&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&lt;em&gt;Faire
dialoguer la po&#xe9;sie et la r&#xe9;volution, c&apos;est &#xe0; la fois n&#xe9;cessaire et
p&#xe9;rilleux. On a t&#xf4;t fait de d&#xe9;truire l&apos;un par l&apos;autre: faire du po&#xe8;te
un t&#xe9;moin de son temps, niant l&apos;irr&#xe9;ductible singularit&#xe9; qui le m&#xe8;ne &#xe0;
l&apos;inconnu; faire du r&#xe9;volutionnaire un h&#xe9;ros lyrique, ignorant la
froide n&#xe9;cessit&#xe9; des strat&#xe9;gies. &lt;br /&gt;L&apos;un des m&#xe9;rites du
livre de Fr&#xe9;d&#xe9;ric Thomas est d&apos;&#xe9;viter ce double &#xe9;cueil. Cela, parce
qu&apos;il ne cherche pas d&apos;impossible synth&#xe8;se et n&apos;efface aucune des
asp&#xe9;rit&#xe9;s de ces deux fulgurances. Le r&#xf4;le de Saint-Just dans la
Terreur, que l&apos;auteur remet en justes perspectives, la volatilit&#xe9; du
verbe chez Rimbaud, qui l&apos;emm&#xe8;ne au-del&#xe0; de toute signification, sont
abord&#xe9;es sans d&#xe9;tour. &lt;br /&gt;Loin de s&apos;&#xe9;touffer, ces deux visages
s&apos;&#xe9;clairent l&apos;un par l&apos;autre: Rimbaud est &#xe9;clair&#xe9; d&apos;&#xea;tre vu &#xe0; travers
Saint-Just, Saint-Just d&apos;&#xea;tre confront&#xe9; au vertige rimbaldien. On voit
la r&#xe9;volte du po&#xe8;te s&apos;enraciner dans le refus lucide de l&apos;&#xe9;tat de fait,
la volont&#xe9; du r&#xe9;volutionnaire &#xea;tre tendue vers la recherche d&apos;harmonies
nouvelles, et noircie de d&#xe9;sespoir.&lt;br /&gt;La seule r&#xe9;serve quant &#xe0; ce
livre tiendrait &#xe0; prendre ce double &#xe9;clairage neuf pour l&apos;ultime
v&#xe9;rit&#xe9;. On ne peut comprendre le r&#xf4;le de la Terreur, et donc celui de
Saint-Just, sans se plonger dans les contradictions sociales de la
R&#xe9;volution fran&#xe7;aise et les illusions id&#xe9;alistes des jacobins. Rimbaud
certes s&apos;enracine dans la refus de la soci&#xe9;t&#xe9; bourgeoise, et la
sympathie pour les Communards, mais ce n&apos;est pas de cela qu&apos;il parle,
c&apos;est de cela qu&apos;il part, et pour aller, d&#xe9;finitivement, ailleurs. &lt;br /&gt;Je
ne crois pas que leur diff&#xe9;rence, comme le laisse entendre l&apos;auteur,
tient &#xe0; ce que l&apos;un rejoint Paris &#xe0; l&apos;aube de la R&#xe9;volution, l&apos;autre
apr&#xe8;s la d&#xe9;faite de la Commune, &#xe0; 79 ans de distance. Rimbaud est
po&#xe8;te, et non r&#xe9;volutionnaire, et ce n&apos;est pas seulement affaire de
circonstances. Tout homme est double: individu avide d&apos;inconnu,
d&apos;unique, de singulier, et &#xea;tre social, anxieux de jouer sa part dans
le destin du monde. Ce sont l&#xe0; deux versants irr&#xe9;ductibles l&apos;un &#xe0;
l&apos;autre. Rimbaud et Saint-Just ont chacun pris en charge,et men&#xe9; au
p&#xe9;ril de leur vie, l&apos;un de ces imp&#xe9;ratifs humains, non les deux. Qu&apos;ils
l&apos;aient entrepris sans s&apos;occulter l&apos;autre versant est l&apos;un des ressorts
de l&apos;attraction qu&apos;ils continuent d&apos;exercer, mais qui ne doit conduire
&#xe0; aucune confusion entre ces deux chemins si remarquablement parcourus
dans cet ouvrage.&lt;/em&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&lt;em&gt;Au d&#xe9;part de ce livre, il y a le silence.
Celui de Saint-Just &#xe0; la veille de son ex&#xe9;cution, celui, tant comment&#xe9;,
de Rimbaud apr&#xe8;s la po&#xe9;sie. Fr&#xe9;d&#xe9;ric Thomas n&apos;en nie pas la part
d&apos;&#xe9;chec, mais revient en-de&#xe7;&#xe0;, dans les silences inscrits au cœur de
leur vie, de leurs œuvres, contrepoids de cette passion d&apos;agir, de
vivre, qui leur est commune. Pratiquer la po&#xe9;sie, accomplir la
r&#xe9;volution, c&apos;est cette exigence maintenue &#xe0; vif d&apos;aller au-del&#xe0; des
mots et des principes, qui les a men&#xe9;s &#xe0; voir &#xab; quelques fois ce que
l&apos;homme a cru voir &#xbb;. Il y a, dans ces deux &#xab; passants consid&#xe9;rables &#xbb;
quelque chose d&apos;inaccessible, cette extr&#xea;me pointe de l&apos;existence o&#xf9;
ils ont &#xe9;t&#xe9; se br&#xfb;ler les ailes. Ils br&#xfb;lent encore, et c&apos;est leur feu
qui &#xe9;claire tout le questionnement qui parcourt ce livre sur la
r&#xe9;volution et la po&#xe9;sie, beau comme la rencontre de la lame de la
guillotine et du rayon violet de l&apos;omega sur le sable du Danakil. Plus
encore que dans son pr&#xe9;c&#xe9;dent ouvrage, &#xab; Rimbaud et Marx: une rencontre
surr&#xe9;aliste &#xbb;, Fr&#xe9;d&#xe9;ric Thomas arrive &#xe0; faire sentir ces br&#xfb;lures
rebelles, leurs lumi&#xe8;res et leurs trag&#xe9;dies. Sans rien abandonner de la
rigueur prudente de l&apos;analyse, il participe de ces passions froides,
les accompagnant, depuis les bords de l&apos;Aisne jusqu&apos;&#xe0; leurs fins, et
nous invite &#xe0; les rejoindre &#xe0; ses c&#xf4;t&#xe9;s.&lt;/em&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Tue, 05 May 2009 12:56:56 GMT</pubDate></item><item><title>L&apos;&#xe9;veil I-5: Surr&#xe9;alisme</title><dc:creator>charp</dc:creator><link>http://charp.canalblog.com/archives/2009/04/22/13473069.html</link><category>Approche symbolique</category><comments>http://charp.canalblog.com/archives/2009/04/22/13473069.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://charp.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/13473069/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://charp.canalblog.com/archives/2009/04/22/13473069.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;Dans le r&#xe9;cit le plus connu de Breton, apr&#xe8;s les premiers chapitres qui pr&#xe9;sentent l’&#xe9;tat d’esprit de l’auteur &#xe0; ce moment, et l’ordre de faits qui retient son attention, la rencontre avec Nadja constitue l’instant initial de l&apos;aventure. Apparemment loin des r&#xe9;cits initiatiques, mais que l&apos;on y &#xe9;coute de plus pr&#xe8;s et l’on reconna&#xee;tra, dans ce jeu des couleurs des yeux, ce m&#xe9;lange de d&#xe9;sespoir et d’orgueil, l’Etrang&#xe8;re, avec qui la compr&#xe9;hension est instantan&#xe9;e. &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&#xab; J&lt;em&gt;e venais de traverser ce carrefour dont j&apos;oublie ou ignore le nom, l&#xe0;, devant une &#xe9;glise. Tout &#xe0; coup, alors qu&apos;elle est peut-&#xea;tre encore &#xe0; dix pas de moi, venant en sens inverse, je vois une jeune femme[…] Elle va la t&#xea;te haute, contrairement &#xe0; tous les autres passants. Si fr&#xea;le qu&apos;elle se pose &#xe0; peine en marchant. Un sourire imperceptible erre peut-&#xea;tre sur son visage. […] Sans h&#xe9;sitation j&apos;adresse la parole &#xe0; l&apos;inconnue, tout en m&apos;attendant, j&apos;en conviens du reste, au pire. Elle sourit, mais tr&#xe8;s myst&#xe9;rieusement, et, dirai-je, comme en connaissance de cause, bien qu&apos;alors je n&apos;en puisse rien croire. […] Nous nous arr&#xea;tons &#xe0; la terrasse d&apos;un caf&#xe9; proche de la gare du Nord. Je la regarde mieux. Que peut-il bien passer de si extraordinaire dans ces yeux? Que s&apos;y mire-t-il &#xe0; la fois obscur&#xe9;ment de d&#xe9;tresse et lumineusement d&apos;orgueil? […] Elle me dit son nom, celui qu&apos;elle s&apos;est choisi : &#xab; Nadja, parce qu&apos;en russe c&apos;est le commencement du mot esp&#xe9;rance, et parce que ce n&apos;en est que le commencement. &#xbb; […] Sur le point de m&apos;en aller, je veux lui poser une question qui r&#xe9;sume toutes les autres, une question qu&apos;il n&apos;y a que moi pour poser, sans doute, mais qui, au moins une fois, a trouv&#xe9; une r&#xe9;ponse &#xe0; sa hauteur : &#xab; Qui &#xea;tes-vous? &#xbb; Et elle, sans h&#xe9;siter &#xab; je suis l&apos;&#xe2;me errante. &#xbb;&lt;/em&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;(Andr&#xe9; Breton, &lt;em&gt;Nadja&lt;/em&gt;)&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;On retrouve l’apparition de l’&#xe9;tranger, d&#xe9;crits en des termes proches de l’ange (&#xab; elle se pose &#xe0; peine en marchant &#xbb;, &#xab; &lt;em&gt;sourire imperceptible&lt;/em&gt; &#xbb; &#xab; &lt;em&gt;la t&#xea;te haute&lt;/em&gt; &#xbb;), de la Connaissance absolue (&#xab; &lt;em&gt;comme en connaissance de cause &lt;/em&gt;&#xbb;) de l’errance de l’envoy&#xe9;, de la dualit&#xe9; de celui-ci &#xab; &lt;em&gt;obscur&#xe9;ment de d&#xe9;tresse et lumineusement d’orgueil &lt;/em&gt;&#xbb;, et enfin, l’instant initial, l&apos;&#xe9;veil, ce &#xab; &lt;em&gt;commencement d’espoir&lt;/em&gt; &#xbb;. &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;Si l’on pouvait encore expliquer la r&#xe9;surgence de la symbolique gnostique chez Nerval par l’ampleur de ses lectures orientales et occultistes, que peut signifier ici cette r&#xe9;apparition ? Les ressemblances ne sont-elles pas forc&#xe9;es ? Dans le domaine symbolique, il est vrai que l’on en vient vite &#xe0; aller trop loin, au vu de la volatilit&#xe9; et de la multiplicit&#xe9; des significations. De la l&#xe9;gitimit&#xe9; des rapprochements, il importe en fait &#xe0; chacun d’en juger en int&#xe9;grant le r&#xf4;le de cette rencontre dans l’œuvre de Breton, et au-del&#xe0; du surr&#xe9;alisme. Quant &#xe0; leur signification, il importe de voir que ce que d&#xe9;crit Breton est la trace d’un fait dans un &#xe9;tat d’esprit. Que les termes choisis recoupent ceux de la th&#xe9;matique des anciens r&#xe9;cits tiendrait &#xe0; ce que ces derniers d&#xe9;j&#xe0;, au-del&#xe0; de toute ambition m&#xe9;taphysique, tendaient &#xe0; d&#xe9;crire un certain &#xe9;tat d’esprit, une certaine forme de conscience. Leur &#xe9;ventuelle rencontre, non intentionnelle, viendrait alors de ce qu’ils puisent &#xe0; la m&#xea;me source, &#xe0; cette forme de conscience qui chez les uns et les autres constitue l’axe des pr&#xe9;occupations. &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;Mais la rencontre avec Nadja est-elle la premi&#xe8;re ? Avant que n’apparaisse v&#xe9;ritablement le surr&#xe9;alisme, un texte dont le titre &#xab; &lt;em&gt;L’esprit nouveau&lt;/em&gt; &#xbb; indique l’instant initial d’un nouvelle conscience, se r&#xe9;sume &#xe0; la rencontre successive d’une m&#xea;me jeune femme par Aragon, Derain et Breton. C’est la premi&#xe8;re apparition, des plus fugitives, d’un certain ordre de fait qui va hanter Breton, et auquel il donnera le nom de &#xab; &lt;em&gt;hasard objectif&lt;/em&gt; &#xbb;. Hors Breton, seuls 3 surr&#xe9;alistes peu ou mal connus s’attarderont &#xe0; cet ordre de faits : Fernand Dumont, Stanislas Rodanski et Claude Tarnaud.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;Dans le r&#xe9;cit de Rodanski, &lt;em&gt;&amp;quot;Lancelo et la chim&#xe8;re&lt;/em&gt;&amp;quot;, qui ne se soucie que peu de la succession temporelle, le passage d&#xe9;cisif est un premier retour en arri&#xe8;re, un souvenir :&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&#xab; &lt;em&gt;J&apos;&#xe9;tais alors dans un r&#xe9;giment de parachutistes destin&#xe9; &#xe0; l&apos;Extr&#xea;me-Orient -en septembre 1948 […] Un dimanche doux de cet automne voil&#xe9;, un camion nous emmena nous baigner. […]La plage &#xe9;tait une mince plate-bande de sable jonch&#xe9;e de coquilles blanches au bas d&apos;une falaise &#xe9;boul&#xe9;e, triste et sauvage. […]. L&apos;impression d&apos;une force invincible me gagnait lentement et s&#xfb;rement. Je fis quelques pas et tombai sur un aviron abandonn&#xe9; aupr&#xe8;s de l&apos;aile d&apos;un go&#xe9;land -blanche et raide, poiss&#xe9;e de sel et sanglante. Cette trouvaille me parut fatidique, j&apos;en ressentis une impression indicible. Le signe d&apos;une gloire morte et l&apos;indice d&apos;une possibilit&#xe9; que me donnait le hasard sur cette gr&#xe8;ve perdue, o&#xf9; roulaient des vagues ensorcelantes, m’invitait &#xe0; faire quelque chose. Je plantai l&apos;aviron dans le sable et j&apos;y accrochai l&apos;aile, abandonnant le tout comme un amer sur le rivage. Le sort en &#xe9;tait jet&#xe9;. […] Peu apr&#xe8;s une permission &#xe0; Paris, je d&#xe9;sertai&lt;/em&gt; &#xbb;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;(Rodanski, &lt;em&gt;Lancelo et la chim&#xe8;re&lt;/em&gt;)&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;Si, dans ces deux r&#xe9;cits, la figure initiatrice appara&#xee;t &#xe0; peu pr&#xe8;s &#xe0; l’ouverture du r&#xe9;cit proprement dit, qu’il oriente de mani&#xe8;re d&#xe9;finitive, c’est au cœur de celui-ci dans L’aventure de la Marie-Jeanne de Claude Tarnaud que l’on retrouve un nouvel &#xe9;cho. Suite &#xe0; un &#xab; &lt;em&gt;rendez-vous &#xe0; distance&lt;/em&gt; &#xbb; pris avec des amis &#xe0; Paris, Claude et sa femme Gibbsy se rendent &#xe0; un bar de Mogadiscio.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&lt;em&gt;&#xab; Un verre de whiskey &#xe0; la main je m&apos;assieds &#xe0; c&#xf4;t&#xe9; d&apos;un personnage d&apos;une trentaine d&apos;ann&#xe9;es qui para&#xee;t &#xe0; premi&#xe8;re vue totalement ivre. &#xc9;l&#xe9;gamment v&#xea;tu &#xe0; la mode italienne, il parle &#xe0; haute voix[…]:&amp;quot;Je suis de nulle part et de partout&amp;quot; dit-il, et, dessinant de l’index un signe de croix: &#xab; Je suis au centre &#xbb;.&lt;/em&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&lt;em&gt;C&apos;est la premi&#xe8;re fois qu&apos;&#xe0; Mogadisque j&apos;entends parler sur ce ton et ma surprise doit &#xea;tre visible car il se tourne vers moi et, sans transition: &amp;quot;Vous, je vous aime, je vous aime tous les deux car vous vous aimez. Il y a un an que je vous suis. J&apos;ai gifl&#xe9; quelqu&apos;un pour vous. La premi&#xe8;re fois que je vous ai vus, en janvier dernier, je vous ai tout de suite reconnus. Nous sommes semblables. Embrassez-moi ... Pourquoi &#xea;tes-vous ici, et qu&apos;y faites-vous? Ce n&apos;est pas votre place. Toi, mon fr&#xe8;re, tu appartiens ailleurs. Je ne veux pas vous perdre. &#xbb;&lt;/em&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&lt;em&gt;[…]&lt;/em&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&lt;em&gt;&amp;quot;Oui, continua-t-il, il y a un an, vous &#xea;tes pass&#xe9;s devant la terrasse de la Croce del Sud. Votre fa&#xe7;on de vous v&#xea;tir, votre d&#xe9;marche, votre allure ne plurent pas aux gens qui &#xe9;taient l&#xe0;. On vous traita de snobs. Alors je me suis lev&#xe9;, car au premier regard je vous avais reconnus et aim&#xe9;s, et je leur ai dit. &amp;quot;Oui, ce sont des snobs, mais d&apos;une esp&#xe8;ce que vous ignorez. Vous parlez sans savoir car vous ne pourrez jamais les conna&#xee;tre. Ce sont des gens d&apos;une autre race que vous, imb&#xe9;ciles! Vous les insultez, alors c&apos;est moi que vous insultez! &amp;quot;, et je giflai la personne qui avait parl&#xe9;.&amp;quot;&lt;/em&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&lt;em&gt;[…] A plusieurs reprises, interrompant une phrase, il lan&#xe7;a vers moi un regard de complicit&#xe9; somptueuse et ajouta sotto voce : &#xab; Vous, vous savez &#xbb;, comme si tout signe d’intelligence devait &#xea;tre d&#xe9;sormais superflu entre nous.[…]&lt;/em&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&lt;em&gt;A [ce r&#xe9;cit], Gibbsy ajouta ce qui suit: &amp;quot;[…] Voyant notre trouble, il se moquait de lui et de nous, tr&#xe8;s banalement aussi, disant qu&apos;il &#xe9;tait un proph&#xe8;te, un ange ou un diable, puis il changeait de ton, disait &#xe0; Claude qu&apos;il &#xe9;tait beau, son fr&#xe8;re, et &#xe0; moi que j&apos;&#xe9;tais une &amp;quot;belle f&#xe9;e&amp;quot; dont les yeux &#xe9;taient &amp;quot;de gazelle&amp;quot;&lt;/em&gt;. &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;(Claude Tarnaud, &lt;em&gt;L’aventure de la Marie-Jeanne)&lt;/em&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;***&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;L’angle &#xab; historique &#xbb; de cette recherche et qui conduit &#xe0; vouloir rep&#xe9;rer les constantes d’une conscience imaginaire venant peu &#xe0; peu au jour, ne doit pas contaminer cette cueillette d’&#xe9;chos &#xe0; laquelle on vient de se livrer. Il ne s’agit pas de chercher &#xe0; travers eux la p&#xe9;r&#xe9;grination de concepts, de symboles &#xe9;ternels ou permanents, restant inchang&#xe9;s sous les manteaux divers de leurs avatars. Il s’agit bien d’&#xe9;chos, non pas de r&#xe9;p&#xe9;titions ou d’histoire. &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;Au demeurant, on y reviendra plus loin, ce qui importe dans l’Eveil, c’est qu’il est d&#xe9;nu&#xe9; de signification. C’est une br&#xe8;che, un creux. Dans &amp;quot;&lt;em&gt;L’aventure de la Marie-Jeanne,&lt;/em&gt;&amp;quot; la figure du Hollandais volant, du vaisseau fant&#xf4;me, autre figure possible du dieu errant, se lie &#xe0; celle du capitaine des &#xab; &lt;em&gt;Vingt mille lieues sous les mers&lt;/em&gt; &#xbb; de Jules Verne, personnage si justement nomm&#xe9; Nemo, Personne. &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;La Lettre que le messager remet au gnostique, au po&#xe8;te, est &#xe0; l&apos;Eveil encore blanche. C’est le d&#xe9;ploiement du r&#xe9;cit qui va pouvoir s’y inscrire.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Wed, 22 Apr 2009 10:18:00 GMT</pubDate></item><item><title>Th&#xe8;ses sur l&apos;art et le surr&#xe9;alisme </title><dc:creator>charp</dc:creator><link>http://charp.canalblog.com/archives/2009/04/21/13437159.html</link><category>D&#xe9;cantation</category><comments>http://charp.canalblog.com/archives/2009/04/21/13437159.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://charp.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/13437159/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://charp.canalblog.com/archives/2009/04/21/13437159.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;1 En cherchant &#xe0; remonter aux sources de la pens&#xe9;e, en invitant &#xe0; suivre Nerval dans &amp;quot;l&apos;&#xe9;panchement du r&#xea;ve dans la vie r&#xe9;elle&amp;quot;,&amp;nbsp; en &#xe9;difiant une &#xe9;thique fond&#xe9;e sur le d&#xe9;sir, la po&#xe9;sie, l&apos;amour, la r&#xe9;volte, le surr&#xe9;alisme est l&apos;expression moderne de la conscience imaginaire, succ&#xe9;dant en cela au romantisme allemand et aux gnoses anciennes.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;2 L&apos;art est l&apos;imagination se mat&#xe9;rialisant, la mati&#xe8;re se r&#xe9;v&#xe9;lant ses ressorts imaginaires. &lt;/font&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;3 Le surr&#xe9;alisme est d&#xe8;s lors conscience de l&apos;art, h&#xe9;ritier l&#xe0; encore du premier romantisme allemand. Conscience de tout l&apos;art authentique, tel que d&#xe9;fini ci-dessus, hors de tout crit&#xe8;re d&apos;appartenance, de tout crit&#xe8;re formel ou conceptuel.&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;4 La pratique de l&apos;art, la rencontre de l&apos;imaginaire et de la mati&#xe8;re, suppose un abaissement du seuil de la conscience, et donc l&apos;abandon de toute vis&#xe9;e th&#xe9;orique, y compris surr&#xe9;aliste. &lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;5 Pratiquer l&apos;art en se conformant &#xe0; des concepts, fussent-ils surr&#xe9;alistes ou r&#xe9;volutionnaires, c&apos;est cesser d&apos;&#xea;tre artiste. &lt;/font&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;L&apos;&#xe9;motion est la voie royale.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;6 Il ne peut d&#xe8;s lors exister ni art surr&#xe9;aliste ni art r&#xe9;volutionnaire.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;7 L&apos;art est la mise en pr&#xe9;sence de la part la plus int&#xe9;rieure, la plus singuli&#xe8;re de l&apos;homme, l&apos;imaginaire, et de la part la plus ext&#xe9;rieure du r&#xe9;el propre au champ de chaque art: mati&#xe8;re inanim&#xe9;e, corps, sons, langage. &lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;8 Ce dialogue cr&#xe9;ateur entre termes antinomiques est une aventure strictement individuelle: &amp;quot;L&apos;&#xe9;treinte po&#xe9;tique, comme l&apos;&#xe9;treinte de chair, tant qu&apos;elle dure, d&#xe9;fend toute &#xe9;chapp&#xe9;e sur les mis&#xe8;res du monde&amp;quot; (Andr&#xe9; Breton, &lt;em&gt;Sur la route de San Romano)&lt;/em&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;9 La dimension individuelle, singularisante se fonde sur le &amp;quot;Je est un autre&amp;quot;, sur la n&#xe9;gation du &amp;quot;Moi&amp;quot;. Ce dernier est le fondement psychologique de la pens&#xe9;e identitaire et rationnelle. Le narcissisme b&#xe9;at ou larmoyant qui s&apos;&#xe9;tale aujourd&apos;hui dans tous les modes d&apos;expression n&apos;est que le pendant psychologique de l&apos;ali&#xe9;nation sociale du travail cr&#xe9;ateur.&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;10 Parler d&apos;aventure &lt;em&gt;individuelle&lt;/em&gt; en art ne signifie pas cr&#xe9;ation &lt;em&gt;solitaire&lt;/em&gt;. La tension antinomique entre soi et l&apos;autre est elle aussi productrice d&apos;&#xe9;tincelles, mais seulement si elle se fonde sur une constellation de singularit&#xe9;s irr&#xe9;ductibles et ouvertes, non sur une collectivit&#xe9; fig&#xe9;e.&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt; 11 &lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;Dans la pens&#xe9;e identitaire, rationnelle et scientifique, la pratique et la th&#xe9;orie sont &#xe9;troitement li&#xe9;es, et subordonn&#xe9;es l&apos;une &#xe0; l&apos;autre: la pratique est application de la th&#xe9;orie, la th&#xe9;orie est valid&#xe9;e par la pratique, par la v&#xe9;rification. Dans la pens&#xe9;e imaginaire, po&#xe9;tique, dans l&apos;art, la pratique suppose un travail d&apos;oubli de toute vis&#xe9;e th&#xe9;orique, toute vis&#xe9;e th&#xe9;orique reste sur le seuil, ne peut p&#xe9;n&#xe9;trer le noyau central, indicible.&lt;/font&gt;
&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;12 Toute approche th&#xe9;orique &#xe9;tant par essence rationnelle, ne peut avoir dans le versant imaginaire qu&apos;une fonction n&#xe9;gative, alors qu&apos;elle est constructive dans le versant rationnel de la pens&#xe9;e.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;13 Le caract&#xe8;re n&#xe9;gatif de toute approche th&#xe9;orique de l&apos;imaginaire consiste essentiellement &#xe0; briser le carcan d&apos;une raison close, &#xe0; faire prendre conscience qu&apos;elle reste sur le seuil, qu&apos;elle ne doit pas pr&#xe9;tendre pouvoir aller au-del&#xe0;, expliquer, rationaliser l&apos;imaginaire en action. Elle doit avoir pour objet &lt;em&gt;les conditions initiales&lt;/em&gt; de l&apos;imaginaire, non l&apos;imaginaire m&#xea;me.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;14&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt; La th&#xe8;se pr&#xe9;c&#xe9;dente n&apos;a de sens que si l&apos;on comprend que l&apos;imaginaire et la raison sont les m&#xe9;tamorphoses r&#xe9;ciproques de l&apos;un en l&apos;autre, o&#xf9; chacune est la mati&#xe8;re premi&#xe8;re de l&apos;un et l&apos;autre.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;15 En art, le concept et la r&#xe9;flexion ont donc &#xe9;ventuellement leur place, mais uniquement dans la d&#xe9;limitation des conditions initiales et dans la critique de toute approche intellectualisante.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;16 Le concept en art doit &#xea;tre soumis &#xe0; l&apos;imaginaire et &#xe0; l&apos;&#xe9;motion.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;17 Le surr&#xe9;alisme est r&#xe9;volte contre la dictature de la raison sur les terres de l&apos;imaginaire.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;18 La situation actuelle de l&apos;art, o&#xf9; la raison fig&#xe9;e dans le discours dicte les r&#xe8;gles aux d&#xe9;pens des artisans de l&apos;imaginaire, est l&apos;expression dans ce domaine de l&apos;ali&#xe9;nation g&#xe9;n&#xe9;rale du travail cr&#xe9;ateur au profit d&apos;un rationalisme productiviste et consommateur.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;19 Le terme m&#xea;me d&apos;avant-garde, ne repr&#xe9;sentant plus qu&apos;une succession
de proclamations formelles&amp;nbsp; et d&apos;&#xe9;nonc&#xe9;s sans fond, a pris en art un
sens r&#xe9;actionnaire,&amp;nbsp; en ce qu&apos;il est l&apos;expression des efforts incessants de la raison &#xe9;troite de fermer la br&#xe8;che ouverte par les r&#xe9;voltes dada&#xef;stes, surr&#xe9;alistes et abstraites, d&apos;interdire l&apos;aventure spirituelle et le travail cr&#xe9;ateur, qui seuls peuvent mener &#xe0; l&apos;inconnu.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;20 Le surr&#xe9;alisme s&apos;est &#xe9;lev&#xe9; contre toute approche esth&#xe9;tique de l&apos;art. Il a rejoint en cela la r&#xe9;volte dada&#xef;ste et la d&#xe9;marche d&apos;artistes comme Francis Picabia, Marcel Duchamp, John Cage. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;21 En ce sens, Dada, Duchamp, Cage, et les surr&#xe9;alistes sont &#xe0; la source &#xe0; la fois de la r&#xe9;volte salutaire qui institue la modernit&#xe9; en art en l&apos;affranchissant des anciennes r&#xe8;gles esth&#xe9;tiques et morales, mais aussi ; par manque de conscience de leur propre dynamique, de l&apos;enfermement, plus &#xe9;touffant encore que les anciennes prisons esth&#xe9;tiques, de l&apos;art contemporain dans le r&#xe8;gne du concept, du message.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;22 Cette transformation du travail n&#xe9;gatif et lib&#xe9;rateur de la raison sur la cr&#xe9;ation imaginaire en travail &amp;quot;positif&amp;quot; et incarc&#xe9;rant est sans doute d&#xe9;j&#xe0; en germe chez eux. Mais ce sont surtout certains de leurs suiveurs qui ont transform&#xe9; l&apos;&#xe9;clat lib&#xe9;rateur en diktat ge&#xf4;lier.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;23 Le dada&#xef;sme, en faisant &#xe9;clater les modes traditionnels de l&apos;art, m&#xea;lant mati&#xe8;res et techniques, confrontant les arts entre eux, et inventant de nouveaux modes d&apos;affirmation artistique a provoqu&#xe9; un appel d&apos;air fondateur. Mais refusant, au nom de cette insurrection contre l&apos;esth&#xe9;tisme et la morale, tout crit&#xe8;re &#xe0; son action, a fait de son action m&#xea;me le crit&#xe8;re supr&#xea;me. Se heurtant aux conformismes, il a fait de ce heurt m&#xea;me une œuvre d&apos;art,&amp;nbsp; ouvrant la voie &#xe0; un art r&#xe9;duit &#xe0; sa propre mise en sc&#xe8;ne, un art spectaculaire, automim&#xe9;tique plus superficiel qu&apos;aucun acad&#xe9;misme pass&#xe9;.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;24 Duchamp, en exposant sa fontaine-urinoir niait les conventions et les rep&#xe8;res traditionnels de l&apos;art. Ses imitateurs paresseux firent de cette n&#xe9;gation la plus lourde des conventions. L&apos;affirmation que tout est art devient la mani&#xe8;re dans le champ artistique de r&#xe9;primer toute expression libre de l&apos;imaginaire.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;25 Le surr&#xe9;alisme s&apos;est pour une bonne part construit, en art, dans la prise de conscience de cette faiblesse du dada&#xef;sme. Mais il n&apos;a pas &#xe9;chapp&#xe9; &#xe0; toute ambigu&#xef;t&#xe9;. L&apos;appel &#xe0; l&apos;automatisme comme moyen d&apos;exploration de l&apos;inconscient, recherche de la source de l&apos;imaginaire, s&apos;est transform&#xe9;, par l&apos;ignorance, chez certains, de l&apos;intense travail sur soi qu&apos;exige la pratique de l&apos;automatisme, en une valorisation de la &amp;quot;spontan&#xe9;it&#xe9;&amp;quot; imm&#xe9;diate, une d&#xe9;valorisation du travail cr&#xe9;ateur, pr&#xe9;texte au refus de l&apos;exigeante aventure imaginaire de tout art authentique.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;26 L&apos;art-concept, l&apos;art-n&#xe9;gation-de-l&apos;art, l&apos;art vite exp&#xe9;di&#xe9; a trouv&#xe9; des conditions favorables &#xe0; son expansion dans la marchandisation de l&apos;art dans la soci&#xe9;t&#xe9; actuelle. Ces formes d&apos;art, vite consomm&#xe9;es, vite produites, restant sur le seuil, ne demandant aucun effort cr&#xe9;ateur aux spectateurs, dont elles &#xe9;pargne les &#xe9;motions, r&#xe9;pondaient parfaitement aux exigences de rentabilit&#xe9; et de surconsommation de la soci&#xe9;t&#xe9; actuelle. &lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;27 Le surr&#xe9;alisme, appel &#xe0; vivre, &#xe0; &lt;em&gt;pratiquer la po&#xe9;sie, &lt;/em&gt;a refus&#xe9; l&apos;enfermement de l&apos;imaginaire dans la cage dor&#xe9;e des conventions artistiques. Mais ce refus de limiter l&apos;imaginaire &#xe0; la cage dor&#xe9;e de l&apos;art s&apos;est souvent confondu avec un refus de la n&#xe9;cessaire autonomie de ce dernier. &lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;28 La confusion entre la d&#xe9;marche rationnelle et la d&#xe9;marche imaginaire se fera toujours au d&#xe9;triment de ces deux modes de pens&#xe9;e. &lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;29 La situation actuelle de l&apos;art marque la pointe extr&#xea;me de la domination d&apos;un intellectualisme born&#xe9; sur les appels de grand vent de l&apos;imagination cr&#xe9;atrice.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;30 Avant la r&#xe9;volte fondatrice de l&apos;art moderne, dont Dada et le surr&#xe9;alisme sont deux figures essentielles, la raison brimait l&apos;&#xe9;lan de l&apos;imaginaire en art par ses r&#xe8;gles esth&#xe9;tiques et morales. Elle masquait sa parole. Aujourd&apos;hui, elle la couvre par le vacarme autosatisfait de la raison r&#xe9;duite &#xe0; des concepts, &#xe0; un discours sans fond qui par un jeu de masque ali&#xe9;nant, pr&#xe9;sente le f&#xe9;tichisme de la raison pour une œuvre d&apos;art.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;31 Le surr&#xe9;alisme, s&apos;il veut rester fid&#xe8;le &#xe0; son &#xe9;lan nodal, doit clairement s&#xe9;parer sa d&#xe9;marche consciente de toute pratique, artistique ou autre, de l&apos;imaginaire. &lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;32 Sur le plan conscient, th&#xe9;orique, il doit rester exclusivement critique ou limit&#xe9; &#xe0; la d&#xe9;termination et &#xe0; la mise en œuvre des conditions initiales. Sur le plan pratique, v&#xe9;cu, il doit se d&#xe9;faire de toute vis&#xe9;e, n&apos;&#xea;tre que pur abandon aux cascades d&apos;&#xe9;tincelles produites par la rencontre des antinomies. C&apos;est &lt;em&gt;&#xe0; ce prix &lt;/em&gt;qu&apos;il peut pr&#xe9;tendre continuer d&apos;&#xea;tre l&apos;expression d&apos;une n&#xe9;cessit&#xe9; fondamentale de l&apos;&#xea;tre humain.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&lt;em&gt;Charp&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&lt;u&gt;Prolongements&lt;/u&gt;: &lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;Sur 1, voir: &lt;em&gt;&lt;a href=&quot;http://charp.canalblog.com/archives/2008/05/11/5921722.html&quot;&gt;Emergence de la conscience imaginaire&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;Sur 2: &lt;a href=&quot;http://claudecharpen.canalblog.com/archives/2008/01/03/7437317.html&quot;&gt;&lt;em&gt;L&apos;imagination mat&#xe9;rielle&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;Sur 5 et 20 &#xe0; 26: &lt;a href=&quot;http://claudecharpen.canalblog.com/archives/2007/08/14/5886410.html&quot;&gt;&lt;em&gt;L&apos;art d&#xe9;gag&#xe9; de l&apos;id&#xe9;e&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt; &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Tue, 21 Apr 2009 09:09:00 GMT</pubDate></item><item><title>Impuret&#xe9;s - Approche</title><dc:creator>charp</dc:creator><link>http://charp.canalblog.com/archives/2009/04/21/13436590.html</link><category>D&#xe9;cantation</category><comments>http://charp.canalblog.com/archives/2009/04/21/13436590.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://charp.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/13436590/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://charp.canalblog.com/archives/2009/04/21/13436590.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;Dire que le surr&#xe9;alisme a, sous un certain angle,&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&amp;nbsp;&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;a href=&quot;http://charp.canalblog.com/archives/2009/03/27/12986679.html&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&#xe9;chou&#xe9;&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/a&gt;parce qu&apos;il n&apos;est pas sorti de l&apos;art, d&apos;un c&#xf4;t&#xe9;, et de l&apos;autre entreprendre une activit&#xe9; virtuelle, &lt;a href=&quot;http://claudecharpen.canalblog.com/archives/2009/03/27/13051470.html&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Envers&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;, sous l&apos;angle seul de l&apos;art &amp;quot;pur&amp;quot;, peut appara&#xee;tre comme une singuli&#xe8;re contradiction de ma part.&lt;br /&gt;Il y a l&#xe0; ce qui a toujours caract&#xe9;ris&#xe9; ma d&#xe9;marche: la r&#xe9;ponse intuitive &#xe0; ce qui en moi r&#xe9;sonne d&apos;une certaine n&#xe9;cessit&#xe9; d&apos;abord. Et si entre ces n&#xe9;cessit&#xe9;s une contradiction appara&#xee;t, plut&#xf4;t que de les gommer en insistant sur les points d&apos;accords, ou en essayant une h&#xe2;tive synth&#xe8;se, la porter plus loin. Et au fil de son expression, tenter d&apos;en exprimer les possibles ressorts. &lt;br /&gt;C&apos;est en effet &#xe0; ce prix, je crois, que peut s&apos;op&#xe9;rer l&apos;op&#xe9;ration dialectique, que peut &#xea;tre jet&#xe9; au-dessus du gouffre la cha&#xee;ne porteuse d&apos;&#xe9;toile qui reliera les deux cimes: d&apos;abord purifier, rendre &#xe0; leur mouvement propre chacun des p&#xf4;les, avec l&apos;intuition que c&apos;est seulement porter &#xe0; l&apos;extr&#xea;me de leur contradiction qu&apos;ils pourront enfin se r&#xe9;pondre. Ce fut l&#xe0; toujours mon attitude vis-&#xe0;-vis des rapports entre surr&#xe9;alisme et marxisme (tout &#xe0; l&apos;oppos&#xe9; donc d&apos;une d&#xe9;marche comme celle de Marcuse, de Lowy, des surr&#xe9;alistes am&#xe9;ricains), comme entre raison et imaginaire (plus proche l&#xe0; de la d&#xe9;marche d&apos;un Bachelard).&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;Je suis loin encore de vraiment saisir cette r&#xe9;ponse, entre art et surr&#xe9;alisme. En guise de premier jet, sur cela comme sur d&apos;autres &#xe9;l&#xe9;ments, je vais tenter de pr&#xe9;senter mes &#xe9;l&#xe9;ments de r&#xe9;flexion sous forme de &amp;quot;th&#xe8;ses&amp;quot;, &#xe0; comprendre moins comme une s&#xe9;rie d&apos;affirmations que comme un mat&#xe9;riel brut de d&#xe9;part.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Tue, 21 Apr 2009 09:05:00 GMT</pubDate></item><item><title>L&apos;&#xe9;veil I-4: Romantisme</title><dc:creator>charp</dc:creator><link>http://charp.canalblog.com/archives/2009/04/21/13459961.html</link><category>Approche symbolique</category><comments>http://charp.canalblog.com/archives/2009/04/21/13459961.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://charp.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/13459961/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://charp.canalblog.com/archives/2009/04/21/13459961.html</guid><description>
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&#xab; &lt;em&gt;So sind wir nun endlich aus den Toren der Stadt... Nous voici donc enfin hors des portes de la ville... Ainsi commence Franz Sternbald, le roman de Ludwig Tieck, ainsi pourrait commencer une autre histoire&lt;/em&gt;&#xbb;.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;(Jean-Christophe Bailly, &lt;em&gt;La l&#xe9;gende dispers&#xe9;e, anthologie du romantisme allemand&lt;/em&gt;)&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&lt;em&gt;Henri von Ofterdingen&lt;/em&gt;, roman d’initiation de Novalis, que l’on a d&#xe9;crit comme la synth&#xe8;se de l’esprit et des ambitions du premier romantisme, commence au cr&#xe9;puscule : &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&#xab; &lt;em&gt;Agit&#xe9; sur son lit, le jeune homme pensait &#xe0; l&apos;&#xc9;tranger et &#xe0; ses r&#xe9;cits.&lt;/em&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&lt;em&gt;[…]D&apos;o&#xf9; pouvait bien venir cet &#xe9;tranger? Aucun de nous n&apos;avait vu homme qui lui ressembl&#xe2;t, mais pourquoi suis-je le seul que ses propos aient ainsi boulevers&#xe9;.[..] On m&apos;a racont&#xe9; jadis les vieilles l&#xe9;gendes du temps o&#xf9; les b&#xea;tes, les arbres et les rochers parlaient avec les hommes. J&apos;ai vraiment l’impression qu&apos;ils vont recommencer et que je pourrais comprendre, rien qu&apos;en les voyant, tout ce qu&apos;ils veulent me dire&lt;/em&gt;&amp;quot;.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;Au d&#xe9;but de l’autre r&#xe9;cit de Novalis, &lt;em&gt;Les Disciples &#xe0; Sa&#xef;s&lt;/em&gt;, il n’y a pas de rencontre, mais l’&#xe9;vocation du langage universel de l’homme et de la nature ouvre ici sur un sentiment de la R&#xe9;v&#xe9;lation qui se rapproche des pr&#xe9;occupations surr&#xe9;alistes sur le hasard, cependant que l’alkahest rappelle le poison avec laquelle le Dieu cr&#xe9;ateur du mythe gnostique a drogu&#xe9; ses prisonniers:&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&#xab; &lt;em&gt;Les hommes vont de multiples chemins. Celui qui les suit et qui les compare verra na&#xee;tre des figures qui semblent appartenir &#xe0; cette grande &#xe9;criture chiffr&#xe9;e qu&apos;on entrevoit partout : […] dans les cristaux et dans la conformation des roches, sur les eaux qui se prennent en glace, […]dans les limailles autour de l&apos;aimant et dans les conjonctures singuli&#xe8;res du hasard. On pressent que l&#xe0; est la clef de cette &#xe9;criture merveilleuse, sa grammaire m&#xea;me; mais ce pressentiment ne veut prendre aucune forme pr&#xe9;cise et arr&#xea;t&#xe9;e, et il semble vouloir se refuser &#xe0; devenir la clef derni&#xe8;re. Sur les sens des hommes, il semble qu&apos;un alkahest a &#xe9;t&#xe9; vers&#xe9;. Leurs d&#xe9;sirs, leurs pens&#xe9;es ne se condensent, semble-t-il, qu&apos;un instant seulement. Ainsi leurs intuitions naissent-elles; mais peu apr&#xe8;s tout flotte de nouveau, comme auparavant, devant leurs regards &lt;/em&gt;&#xbb;.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;(Novalis, &lt;em&gt;Les disciples &#xe0; Sa&#xef;s&lt;/em&gt;)&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;La silhouette de l’Etranger, autrement inqui&#xe9;tante et trompeuse, r&#xe9;appara&#xee;t chez Tieck :&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&#xab;&lt;em&gt; Comme il voulait s&apos;en aller, il aper&#xe7;ut, derri&#xe8;re lui, un inconnu qui le regardait en souriant et qui lui demanda o&#xf9; il allait ainsi. Christian, qui venait de se souhaiter de la compagnie, ne s&apos;effraya pas moins de cette aimable pr&#xe9;sence. […] Ils se mirent en route et bient&#xf4;t le jeune homme eut l&apos;impression qu&apos;il connaissait son compagnon de vieille date. &#xab;Comment &#xea;tes-vous venu dans ces montagnes ? demanda l&apos;&#xe9;tranger. Si j&apos;en juge par votre langage, vous n&apos;&#xea;tes pas du pays. - C&apos;est un point, r&#xe9;pliqua le jeune homme, sur lequel il y aurait fort &#xe0; dire, et pourtant cela ne vaut pas un r&#xe9;cit. [NDA :Mais si, mais si.] Ce fut, en quelque sorte, une force ext&#xe9;rieure &#xe0; moi qui m&apos;arracha au cercle de ma famille et de mes amis; mon esprit avait perdu la ma&#xee;trise de soi-m&#xea;me. Tel un oiseau captif en un filet fait de vains efforts pour s&apos;en &#xe9;chapper, mon &#xe2;me &#xe9;tait prisonni&#xe8;re d&apos;images et de vœux &#xe9;tranges.&lt;/em&gt; &#xbb; &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;(Tieck, &lt;em&gt;Le Runenberg&lt;/em&gt;)&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;On pourrait &#xe0; juste titre s’&#xe9;tonner que la th&#xe9;matique de l’Eveil se retrouve ici, mais en n&#xe9;gatif : la conscience imaginaire appara&#xee;t y comme une illusion, une tromperie. Ce ne sera pas la seule fois dans ce texte ni chez cet auteur. On peut y voir &#xe0; la fois le signe des limites de Tieck, plus &#xe9;crivain que th&#xe9;oricien, et qui n’arrive pas &#xe0; rompre avec les valeurs plus anciennes. Mais on peut aussi percevoir l’avant-go&#xfb;t du sentiment de l’&#xe9;chec du romantisme, qui va jouer un r&#xf4;le essentiel dans la derni&#xe8;re g&#xe9;n&#xe9;ration des Arnim, Baudelaire, Nerval, sentiment d’&#xe9;chec sans lequel ne pourrait &#xea;tre compris le passage au surr&#xe9;alisme et certains traits de celui-ci.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;Dans les premi&#xe8;res pages d’Aur&#xe9;lia, Nerval livre un r&#xe9;cit de r&#xea;ve qui constitue la premi&#xe8;re impulsion du r&#xe9;cit, et o&#xf9; r&#xe9;appara&#xee;t sous la mythologie personnelle de l’auteur, comme un jumeau de l’ange empourpr&#xe9;, vermeil, de Sohrawardi, li&#xe9; &#xe0; la gravure de D&#xfc;rer : &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&#xab;&lt;em&gt; - J&apos;errais dans un vaste &#xe9;difice compos&#xe9; de plusieurs salles, dont les unes &#xe9;taient consacr&#xe9;es &#xe0; l&apos;&#xe9;tude, d&apos;autres &#xe0; la conversation ou aux discussions philosophiques. […] Je me perdis plusieurs fois dans les longs corridors et, en traversant une des galeries centrales, je fus frapp&#xe9; d&apos;un spectacle &#xe9;trange. Un &#xea;tre d&apos;une grandeur d&#xe9;mesur&#xe9;e – homme ou femme je ne sais - voltigeait p&#xe9;niblement au-dessus de l&apos;espace et semblait se d&#xe9;battre parmi des nuages &#xe9;pais. Manquant d&apos;haleine et de force, il tomba enfin au milieu de la cour obscure, accrochant et froissant ses ailes le long des toits et des balustres. Je pus le contempler un instant. Il &#xe9;tait color&#xe9; de teintes vermeilles, et ses ailes brillaient de mille reflets changeants. V&#xea;tu d&apos;une robe longue &#xe0; plis antiques, il ressemblait &#xe0; l&apos;Ange de la M&#xe9;lancolie d&apos;Albrecht D&#xfc;rer. Je ne pus m&apos;emp&#xea;cher de pousser des cris d&apos;effroi, qui me r&#xe9;veill&#xe8;rent en sursaut.&lt;/em&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&lt;em&gt;Le jour suivant, je me h&#xe2;tai d&apos;aller voir tous mes amis. Je leur faisais mentalement mes adieux, et, sans leur rien dire de ce qui m’occupait l&apos;esprit, je dissertais chaleureusement sur des sujets mystiques; je les &#xe9;tonnais par une &#xe9;loquence particuli&#xe8;re, il me semblait que je savais tout, et que les myst&#xe8;res du monde se r&#xe9;v&#xe9;laient &#xe0; moi dans ces heures supr&#xea;mes&lt;/em&gt;&#xbb;. &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;(Nerval, &lt;em&gt;Aurelia&lt;/em&gt;)&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;On retrouve dans ce court extrait l’essentiel de la symbolique de l’Eveil : l’enfermement dans le &#xab; vaste &#xe9;difice &#xbb; du monde, l’errance pr&#xe9;paratrice, l’irruption de l’Envoy&#xe9; qui en brise les limites, avec les &#xab; cris d’effroi &#xbb; qui &#xe9;voquent les cris des gnostiques mand&#xe9;ens lors de la rencontre avec l’Envoy&#xe9;, la dualit&#xe9; de l’ange d&#xe9;chu, la R&#xe9;v&#xe9;lation brutale qui insuffle le savoir absolu, et l’invitation au d&#xe9;part.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;Enfin, s’&#xe9;loignant un peu de notre domaine, il sera peut-&#xea;tre int&#xe9;ressant de noter la fortune, dans de nombreux romans ult&#xe9;rieurs li&#xe9;s au climat romantique, du personnage du Juif Errant, revalorisation d’un personnage n&#xe9;gatif dans un proc&#xe9;d&#xe9; tr&#xe8;s gnostique, dont la silhouette, le destin, n’est pas sans rappeler celui de l’Etranger de la Gnose. &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;Pour conclure ce chapitre du romantisme, cet extrait des Chants religieux de Novalis, o&#xf9;, sous l’apparente th&#xe9;matique religieuse, on sent poindre l’&#xe9;v&#xe9;nement gnostique :&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&#xab; La vieille, accablante illusion &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;Du p&#xe9;ch&#xe9; &#xe9;crasait nos cœurs ;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;D&#xe9;sir et repentir br&#xfb;laient en nous,&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;Qui errions dans la nuit, tels des aveugles. &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;[…]&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;Tremblants captifs, qu’un lien de fer&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;Fixait durement &#xe0; la terre,&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;Nous perdions notre peu d&apos;espoir, par peur&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;Du Glaive de justice de la Mort.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;Un Sauveur nous vint, un Lib&#xe9;rateur&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;Plein de force et d&apos;amour, un Fils de l&apos;Homme&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;Qui fit flamber en notre sein&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;Un feu tout vivificateur.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;Alors nous le v&#xee;mes s&apos;ouvrir,&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;Le ciel, notre ancienne patrie,&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;Et nous avons pu croire et esp&#xe9;rer,&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;Nous sentir avec Dieu apparent&#xe9;s. &#xbb; &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Tue, 21 Apr 2009 08:10:00 GMT</pubDate></item><item><title>L&apos;&#xe9;veil I-4: Renaissance</title><dc:creator>charp</dc:creator><link>http://charp.canalblog.com/archives/2009/04/16/13408936.html</link><category>Approche symbolique</category><comments>http://charp.canalblog.com/archives/2009/04/16/13408936.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://charp.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/13408936/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://charp.canalblog.com/archives/2009/04/16/13408936.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;Le th&#xe8;me de l’Eveil ne risque gu&#xe8;re de se retrouver tel quel chez les philosophes de la Renaissance, plus occup&#xe9;s &#xe0; composer des trait&#xe9;s que des autobiographies ou des r&#xe9;cits initiatiques. Un &#xe9;v&#xe9;nement brut comme la R&#xe9;v&#xe9;lation n’y a pas sa place. Cependant, la connaissance illuminative n’y est pas ignor&#xe9;e, mais seulement intemporelle, et assimil&#xe9;e &#xe0; une forme particuli&#xe8;re de sp&#xe9;culation philosophique. Une facult&#xe9;, un mode, plus qu’un &#xe9;v&#xe9;nement. Et parmi toutes les formes de connaissances qu’&#xe9;tudient et &#xe9;num&#xe8;rent des philosophes comme Ficin ou Agrippa, une place essentielle est laiss&#xe9;e &#xe0; la &#xab; &lt;em&gt;fureur m&#xe9;lancolique&lt;/em&gt; &#xbb;, associ&#xe9;e dans ces pens&#xe9;es nourries d’astrologie et de magie, &#xe0; Saturne, la plan&#xe8;te et le Dieu. Une m&#xe9;lancolie au visage noir ou blanc, destructrice ou cr&#xe9;atrice, &#xe0; l’image de Saturne, plan&#xe8;te parfois n&#xe9;faste, mais la plus haute. Pour Marsile Ficin, la plus grande figure du n&#xe9;o-platonisme florentin, elle est le signe m&#xea;me du g&#xe9;nie philosophique des lettr&#xe9;s : &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&#xab; &lt;em&gt;La m&#xe9;lancolie vient de Saturne, mais elle est en fait un &#xab; don unique et divin &#xbb;, pour la raison m&#xea;me que Saturne, outre qu&apos;il est la plus puissante des plan&#xe8;tes, est aussi ici la plus noble.[…] C&apos;est la bile noire qui, &amp;quot;semblable elle-m&#xea;me au centre du monde, pousse l&apos;&#xe2;me &#xe0; rechercher le centre des choses singuli&#xe8;res. Et elle l&apos;&#xe9;l&#xe8;ve jusqu&apos;&#xe0; la compr&#xe9;hension des choses les plus hautes, d&apos;autant qu&apos;elle s&apos;accorde pleinement avec Saturne, la plus haute des plan&#xe8;tes&amp;quot;. D&apos;o&#xf9; il d&#xe9;coule que les penseurs qui s&apos;adonnent &#xe0; la sp&#xe9;culation et &#xe0; la contemplation la plus intense souffrent, &#xe0; un degr&#xe9; extr&#xea;me, de m&#xe9;lancolie.&lt;/em&gt; &#xbb;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;(Klibansky, Panofsky, Saxl, &lt;em&gt;Saturne et la m&#xe9;lancolie&lt;/em&gt;)&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;On retrouve ici deux th&#xe8;mes essentiels : la dualit&#xe9; de l’Envoy&#xe9;, ici Saturne, et le lien avec l&apos;&#xe9;pisode suivant de la qu&#xea;te, la nostalgie, qui dans le r&#xe9;cit, guide le mythe de l’Age d’or.
&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;Agrippa von Nittesheim, tout en s’inspirant partiellement des id&#xe9;es de Ficin, diff&#xe9;rencie trois types ascendants d’illumination m&#xe9;lancolique : imaginaire, rationnelle et intellectuelle, d&#xe9;crivant trois types ascendants de g&#xe9;nie : artistique, politique et religieux. Une hi&#xe9;rarchie qui s’accorde assez bien avec les sp&#xe9;culations mystiques arabes sur la connaissance, en particulier celles d’Ibn Arabi. Mais ce qui est important ici, c’est que :&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&#xab;&lt;em&gt; La notion de m&#xe9;lancolie et de g&#xe9;nie saturnien ne se restreignait plus aux &#xab; hommes literati &#xbb;, mais s&apos;&#xe9;tendait et embrassait d&#xe9;sormais, en trois degr&#xe9;s ascendants, les g&#xe9;nies de l&apos;action et de la vision artistique: ainsi, non moins que le grand politique ou que le g&#xe9;nie religieux, l&apos;architecte ou le peintre &#xab; subtil &#xbb; &#xe9;tait d&#xe9;sormais du nombre des &#xab; vates &#xbb; et des &#xab; saturniens &#xbb;. Agrippa amplifiait l&apos;autoglorification du cercle exclusif des humanistes en une doctrine universelle du g&#xe9;nie, bien avant que les th&#xe9;oriciens de l&apos;art italiens n&apos;en fissent autant; et il variait le th&#xe8;me des dons de la m&#xe9;lancolie en distinguant entre leurs aspects subjectifs et leurs effets objectifs ; c&apos;est-&#xe0;-dire, en pla&#xe7;ant c&#xf4;te &#xe0; c&#xf4;te le don de proph&#xe9;tie et le pouvoir cr&#xe9;ateur, la vision et l’œuvre accomplie. &lt;/em&gt;&#xbb;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;(Klibansky, Panofsky, Saxl, &lt;em&gt;Saturne et la m&#xe9;lancolie)&lt;/em&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;Mais si Agrippa, l’un des initiateurs majeurs de l’occultisme europ&#xe9;en, pr&#xe9;pare ainsi de mani&#xe8;re d&#xe9;cisive le passage du visionnaire &#xe0; l’artiste, autrement dit, dans notre histoire, le passage du versant gnostique au versant po&#xe9;tique, on voit n&#xe9;anmoins que, comme chez Ficin, ce sont des philosophes tels qu’eux-m&#xea;mes qu’ils placent au centre de leur r&#xe9;flexion. N&#xe9;anmoins, dans le domaine de la philosophie, toute th&#xe9;orie de l’illumination &#xe9;tait condamn&#xe9;e &#xe0; d&#xe9;p&#xe9;rir. La raison n’allait bient&#xf4;t plus chercher sa l&#xe9;gitimit&#xe9; hors d’elle-m&#xea;me. &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;Au contraire, certains artistes, au premier rang desquels D&#xfc;rer et Michel-Ange allaient trouver dans ces th&#xe9;ories sur la &#xab;&lt;em&gt; sp&#xe9;culation illuminative&lt;/em&gt; &#xbb; un &#xe9;cho &#xe0; leur exp&#xe9;rience cr&#xe9;atrice et &#xe0; leur questionnement sur le &#xab; &lt;em&gt;g&#xe9;nie cr&#xe9;ateur &lt;/em&gt;&#xbb;, qui allait &#xe0; son tour influer sur les premiers romantiques. &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;Le r&#xe9;pondant de l’Eveil dans la mythologie chr&#xe9;tienne peut se retrouver dans le symbole de l’Annonciation, d&#xe9;j&#xe0; tr&#xe8;s fr&#xe9;quemment illustr&#xe9; par les peintres m&#xe9;di&#xe9;vaux au Moyen-Age, et repris par les plus grands ma&#xee;tres de la Renaissance. &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;L’&#xe9;v&#xe9;nement de l’Annonciation r&#xe9;unit la Vierge (la virginit&#xe9; peut appara&#xee;tre comme symbolique du sommeil gnostique) se trouvant en un lieu clos ; et l’Archange, venant de l’autre monde, le monde spirituel et restant sur le seuil pour lui annoncer la naissance prochaine de J&#xe9;sus.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;On peut utilement rep&#xe9;rer trois types de repr&#xe9;sentations parmi les œuvres de la Renaissance : &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;a) le triangle Vierge assise- Ange &#xe0; genou devant elle- Lumi&#xe8;re venue du ciel (avec ou sans repr&#xe9;sentation de Dieu sur son nuage comme origine de la lumi&#xe8;re). C’est l&#xe0; structurellement la vision classique du point de vue religieux : l’homme sur le plan ontologique est interm&#xe9;diaire entre l’ange et le Dieu, il est une cr&#xe9;ature sup&#xe9;rieure &#xe0; l’ange, cependant que dans le savoir, l’ange est le Messager, l’interm&#xe9;diaire. L’humanisme de la Renaissance mettra l’accent sur le plan ontologique, alors que la religion, pour l&#xe9;gitimer le r&#xf4;le de l&apos;&#xc9;glise, avait mis l’accent sur le plan du savoir, dont elle &#xe9;tait seule d&#xe9;tentrice dans la soci&#xe9;t&#xe9;.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://storage.canalblog.com/13/70/338028/38350631.jpg&quot;&gt;&lt;img height=&quot;207&quot; border=&quot;0&quot; width=&quot;450&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/13/70/338028/38350631_p.jpg&quot; alt=&quot;Vinci_Annonciation&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://storage.canalblog.com/13/70/338028/38350631.jpg&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;
&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;b) La Vierge et l’Ange dans la m&#xea;me situation, mais sans &#xe9;vocation de la lumi&#xe8;re, de la descente. D’un point de vue structurel, cette vision, qui est significativement celle de Vinci et Rapha&#xeb;l, se rapporte plus &#xe0; l’humanisme, qui ne nie pas le dieu, mais l’oublie volontiers, gardant par contre l’&#xe9;lection de l’homme, sa primaut&#xe9; dans le face &#xe0; face avec son essence, son Ange. &lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;c) Enfin, &#xe0; l’approche de l’&#xe2;ge baroque (Tintoret, Titien), on retrouve la m&#xea;me trinit&#xe9;, avec la Vierge toujours &#xe0; l’int&#xe9;rieur et assise, mais l’ange encore dans le ciel, s’adressant d’en haut &#xe0; la Vierge, et devenant ainsi comme la synth&#xe8;se de la lumi&#xe8;re divine et de l’ange des tableaux de la Renaissance ant&#xe9;rieure. L’esprit Saint est toujours pr&#xe9;sent, mais fait d&#xe9;sormais un peu double emploi avec l’ange.
&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;
Ce dernier type de repr&#xe9;sentation de l’Annonciation est le plus proche de la g&#xe9;om&#xe9;trie de l’Eveil, en r&#xe9;duisant l’Annonciation &#xe0; un face &#xe0; face entre la Vierge se tenant dans l’espace clos du R&#xe9;el, cependant que l’Ange descend vers elle. &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://storage.canalblog.com/77/60/338028/38351033.jpg&quot;&gt;&lt;img height=&quot;437&quot; border=&quot;0&quot; width=&quot;450&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/77/60/338028/38351033_p.jpg&quot; alt=&quot;Le_songe_de_Sainte_Ursule&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela peut nous amener vers d’autres tableaux, ne repr&#xe9;sentant plus l’Annonciation, mais toujours li&#xe9;s &#xe0; la th&#xe9;matique plus ample de la R&#xe9;v&#xe9;lation , tels &lt;em&gt;Le songe de sainte Ursule&lt;/em&gt; de Carpaccio o&#xf9; dans la chambre de la sainte endormie se dresse l’ange immobile qui la regarde; Le songe de Constantin, de Fra Angelico, o&#xf9; un Ange descend des cieux vers la tente o&#xf9; dort l’Empereur romain; Dieu et Adam de Michel-Ange, &#xe0; la Sixtine, o&#xf9; le Cr&#xe9;ateur insuffle la vie &#xe0; l’homme d’un toucher de doigt.
&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les deux premiers, la dualit&#xe9; clos/ouvert de l’espace est doubl&#xe9;e par les yeux ferm&#xe9;s d’Ursule et Constantin face aux yeux ouverts de l’Ange. En m&#xea;me temps sont ainsi li&#xe9;es la conscience illuminative de la R&#xe9;v&#xe9;lation, et le r&#xea;ve, lieu commun des traditions visionnaires.
Dans le 3e tableau, il ne faut pas perdre de vue que ce que peint Michel-Ange est le moment ou le dieu insuffle la vie, principe incorporel, &#xe0; l’&#xea;tre d’argile qu’est l’homme, mais que les regards comme les poses, d&#xe9;crivent autant comme un signe d’alliance, de parent&#xe9;.
&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://storage.canalblog.com/91/63/338028/38351065.jpg&quot;&gt;&lt;img height=&quot;450&quot; border=&quot;0&quot; width=&quot;300&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/91/63/338028/38351065_p.jpg&quot; alt=&quot;songe_constantin_piero_della_francesca&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;Ces exemples sont importants, car, si l’on a mis en avant le th&#xe8;me de l’Annonciation (Ce th&#xe8;me nous relie d’autre part aux sp&#xe9;culations islamiques par la figure de l’Archange Gabriel, messager de l’Annonciation dans le Christianisme et figure de l’Intelligence Agente, de la connaissance illuminative dans la mystique musulmane), c’est tous les &#xe9;v&#xe9;nements bibliques se rapportant &#xe0; l’&#xe9;lection de l’homme par Dieu, &#xe0; l’intrusion du divin dans l’homme, pour insuffler le savoir, ou la vie, l’&#xe9;veiller &#xe0; l’&#xea;tre qui paraissent ainsi s’ordonner dans la th&#xe9;matique de l’Eveil.
Enfin, il y a la c&#xe9;l&#xe8;bre gravure &#xab; &lt;em&gt;Melancolia &lt;/em&gt;&#xbb; de D&#xfc;rer, qu’il peut para&#xee;tre plus &#xe9;trange d’adjoindre &#xe0; l’ensemble. Serait-il excessif de voir symboliquement dans cet Ange lourd, corporel, regardant tristement les cieux, une synth&#xe8;se de la Vierge et de l’ange, comme l’ange &#xe9;tait chez Tintoret et Titien une synth&#xe8;se du divin, de l’esprit saint et de l’ange? &lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;En tout cas, sans s’accorder avec l’exc&#xe8;s de sens parfois attribu&#xe9; &#xe0; cette gravure, il est clair que s’y trouvent ici li&#xe9;es les th&#xe9;matiques de la r&#xe9;v&#xe9;lation, du message divin par l’ange ; de l’inspiration artistique par tout le d&#xe9;cor et les instruments techniques ; et, sans doute sous l’influence des th&#xe9;ories de Ficin et Agrippa, de la m&#xe9;lancolie comme &#xe9;tat d’esprit li&#xe9; &#xe0; cette r&#xe9;v&#xe9;lation, comme signe obscur de l’appartenance &#xe0; la conscience cr&#xe9;atrice.
On ne peut aller plus loin, sans se livrer &#xe0; une surinterpr&#xe9;tation dont ces œuvres ont souvent &#xe9;t&#xe9; victimes, dans les rapports entre l’art de la Renaissance et la th&#xe9;matique de l’&#xe9;veil. Mais il &#xe9;tait important de s’attarder ici, car ce que l’on voit se produire &#xe0; travers ces œuvres, comme dans la philosophie n&#xe9;oplatonicienne, c’est un glissement fondamental pour notre histoire de la conscience imaginaire, du th&#xe8;me mystico-religieux de l’illumination vers celui de l’inspiration artistique, de la recherche de la vision vers la cr&#xe9;ation de l’œuvre d’art. &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Thu, 16 Apr 2009 19:15:00 GMT</pubDate></item><item><title>L&apos;&#xe9;veil I-3: Figures symboliques de l&apos;Eveil 2</title><dc:creator>charp</dc:creator><link>http://charp.canalblog.com/archives/2009/04/14/13378510.html</link><category>Approche symbolique</category><comments>http://charp.canalblog.com/archives/2009/04/14/13378510.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://charp.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/13378510/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://charp.canalblog.com/archives/2009/04/14/13378510.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&lt;em&gt;3 La dualit&#xe9; de l’envoy&#xe9;&lt;/em&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;L’une des images les plus d&#xe9;routantes laiss&#xe9;es par la Gnose antique est celle du Dieu faible, de l’Envoy&#xe9; errant, lui-m&#xea;me prisonnier du monde o&#xf9; il est venu sauver le gnostique, cette part du divin tomb&#xe9;e dans le Cr&#xe9;&#xe9;. A la fois sauveur et &#xe0; sauver, son salut d&#xe9;pend du salut des gnostiques. Son sort et celui de l’homme sont ainsi doublement li&#xe9;, dans leur condition de prisonnier et dans leur destin salvateur. Sohrawardi reprend ce th&#xe8;me : &#xab;&lt;em&gt;Celui-l&#xe0; m&#xea;me qui t&apos;a fait prisonnier dans le filet, celui qui a jet&#xe9; autour de toi ces diff&#xe9;rentes entraves et commis ces ge&#xf4;liers &#xe0; ta garde, il y a longtemps que lui-m&#xea;me m&apos;a projet&#xe9;, moi aussi, dans le Puits obscur.&lt;/em&gt; &#xbb; dit l’Envoy&#xe9;.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;De cette errance divine, de cette divinit&#xe9; &#xe9;gar&#xe9;e, la l&#xe9;gende de Simon le Mage, pr&#xe9;sent&#xe9; parfois comme le fondateur du gnosticisme, a gard&#xe9; une image expressive : Simon y est d&#xe9;crit comme un pr&#xe9;dicateur toujours accompagn&#xe9; d’une prostitu&#xe9;e de Tyr qu’il affirme &#xea;tre la Sagesse, la Sophia issue de l’Unit&#xe9; primordiale, de l’Un divin, liant ainsi dans la condition humaine ce qui aux yeux du gnostique repr&#xe9;sente le plus vil et le plus lumineux.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;Cette dualit&#xe9; du sauveur sauv&#xe9; r&#xe9;pond &#xe0; la double nature de l’apparence dans le cr&#xe9;&#xe9;, du &#xab; v&#xea;tement &#xbb; de l’&#xea;tre dans le monde, qui est &#xe0; la fois la prison forg&#xe9;e par le Cr&#xe9;ateur, le Dieu fourbe ou ignorant, pour enclore la lumi&#xe8;re divine, mais aussi le d&#xe9;guisement du divin, de l’envoy&#xe9;, sa ruse pour tromper les ge&#xf4;liers du monde, l’enveloppe contenant le germe de l’Eveil.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;Dans la mystique, l’on retrouve sous diff&#xe9;rents visages cette figure du dieu d&#xe9;chu : en isma&#xe9;lisme par exemple, le drame de la condition humaine est li&#xe9; &#xe0; celui de l’Ange r&#xe9;trograd&#xe9; de son rang, dont le salut d&#xe9;pend de la saintet&#xe9; mystique, et qui au-del&#xe0; ouvre sur la r&#xe9;int&#xe9;gration de l’Unit&#xe9; absolue, le retour de l’Age d’or.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;C’est l’archange empourpr&#xe9; de Sohrawardi, qui symbolise au mieux la part de lumi&#xe8;re et d’ombre de la condition du Messager et de l’homme, part d’ombre li&#xe9;e &#xe0; sa participation au monde r&#xe9;el dans la dramaturgie de la qu&#xea;te, &#xe0; la nature cr&#xe9;pusculaire, d’entre-deux, de la conscience mystique, &#xe0; sa situation de seuil entre les mondes d’ombres et de lumi&#xe8;re, entre l’inexistant que symbolise le corps d’ombre, et la Vie absolue, figur&#xe9;e par la lumi&#xe8;re incorporelle. La conscience mystique se situe toujours au seuil du d&#xe9;sert.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&lt;em&gt;4 L’&#xe9;lu&lt;/em&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;La dualit&#xe9; essentielle du Messager, c’est qu’il est l’Etranger venu de la patrie du gnostique ; &#xe9;tranger et compatriote, compatriote en terre d’exil. Aussit&#xf4;t, le souvenir de ses origines &#xe9;treint le gnostique, provoquant joies et douleurs, nostalgie surtout, dont le d&#xe9;ploiement tracera l’&#xe9;pisode suivant, &#xab; l’Age d’or &#xbb;. A travers l’image de la patrie originelle commune, c’est encore la solidarit&#xe9; de l’homme et du divin qui est affirm&#xe9;e, la participation de l’homme au divin.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;Elle ouvre ici sur le sentiment d’&#xe9;lection, sentiment d’appartenir &#xe0; la &#xab; race &#xbb; des &#xe9;lus, la &#xab; race incorruptible &#xbb; dit le gnostique Valentin, la race sans p&#xea;ch&#xe9;. Mais une &#xab; race &#xbb; une patrie, qui ne se reconna&#xee;t en aucune terrestre, lesquels sont au contraire les fausses patries, les fausses communaut&#xe9;s1. Ce qui signe l’appartenance &#xe0; cette communaut&#xe9; d’&#xe9;lus, ce n’est ni la naissance, ni l’observance de rites et obligations, mais l’instant m&#xea;me de la rencontre avec le messager, l’&#xe9;veil. C’est le fait de &#xab; savoir &#xbb; qui signe cette appartenance. &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;Ainsi, l’appartenance &#xe0; cette patrie, &#xe0; cette communaut&#xe9; d’&#xe9;lus signe-t-elle en retour la rupture avec tous les liens de communaut&#xe9; inscrits dans le monde. Si ce sentiment d’appartenance &#xe0; la communaut&#xe9; mystique a pu se figer dans la cr&#xe9;ation de communaut&#xe9;s &#xe0; nouveau terrestres, &#xe0; travers les d&#xe9;rives sectaires ou religieuses connues par certains courants gnostiques et mystiques, et substituer ainsi d’autres liens aux premiers, dans la dramaturgie de l’Eveil, ce sentiment marque avant tout l’&#xe9;tranget&#xe9; absolue du gnostique d’avec le monde, sa sortie potentielle d’avec le commun. &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;L’&#xe9;lection est un &#xe9;v&#xe9;nement d’exception, donnant naissance &#xe0; un &#xea;tre d’exception, marquant par l&#xe0; entre autres le caract&#xe8;re strictement individuel, absolument singulier, de l’&#xe9;v&#xe9;nement premier et de la qu&#xea;te qui en est le d&#xe9;ploiement. Ce caract&#xe8;re individuel est peut-&#xea;tre rest&#xe9; seulement en puissance dans la Gnose antique, mais sera sans ambigu&#xef;t&#xe9; affirm&#xe9;e par les mystiques musulmans, cons&#xe9;quence naturelle de l’int&#xe9;riorisation du mythe gnostique qui se produit dans la mystique.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&lt;em&gt;5. La surprise et le rel&#xe2;chement&lt;/em&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;Le savoir, c’est l&#xe0; la cl&#xe9; m&#xea;me de la Gnose, ne na&#xee;t ni de l’observation, ni de la Tradition, ni de l’apprentissage d’une doctrine nouvelle. Il illumine l’&#xea;tre et le bouleverse. Dans le domaine de la Gnose antique, nombreux sont les passages qui insiste sur l’&#xe9;motion ressentie, &#xe9;motion aux formes variables, nostalgie, joie, peur, mais &#xe9;motion forte et soudaine, surprise. &lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;En mystique, le caract&#xe8;re subit, &#xe9;motionnel, de l’illumination n’exclut pas une pr&#xe9;paration spirituelle, symbolis&#xe9;e par la prise de distance, qui peut &#xe0; l’occasion prendre un caract&#xe8;re extr&#xea;mement technique, rituel. La R&#xe9;v&#xe9;lation se d&#xe9;ploie en amont par le rel&#xe2;chement, en aval par la qu&#xea;te. La pr&#xe9;paration n’est pas sortie du monde, mais &#xe9;cartement. Le mystique fait encore partie du monde, de la conscience commune, m&#xea;me s’il en rel&#xe2;che les liens : Chez Ibn Arabi comme chez Avicenne, il marche &#xe0; l’&#xe9;cart, mais toujours en rond. Ce n’est qu’avec l’irruption de l’appel, de la Voix, figur&#xe9;e par le Messager, qu’il se retourne, qu’il se convertit, qu’il regarde vers l’unit&#xe9;, regard symbolis&#xe9; par la nostalgie, le souvenir du monde perdu. L’&#xe9;veil est une conversion, au sens fort de retournement vers Soi.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
</description><pubDate>Tue, 14 Apr 2009 10:01:11 GMT</pubDate></item><item><title>L&apos;&#xe9;veil I-3: Figures symboliques de l&apos;Eveil 1</title><dc:creator>charp</dc:creator><link>http://charp.canalblog.com/archives/2009/04/11/13291322.html</link><category>Approche symbolique</category><comments>http://charp.canalblog.com/archives/2009/04/11/13291322.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://charp.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/13291322/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://charp.canalblog.com/archives/2009/04/11/13291322.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&lt;strong&gt;Figures de l’Eveil
&lt;/strong&gt;&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;Des citations qui pr&#xe9;c&#xe8;dent, et d’autres &#xe9;l&#xe9;ments des gnoses antiques et mystiques, on peut rep&#xe9;rer les constituants majeurs de l &#xe9;v&#xe9;nement initial du r&#xe9;cit :
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;1. &lt;em&gt;La g&#xe9;om&#xe9;trie de l’Eveil: &lt;/em&gt;&lt;br /&gt;Dans les r&#xe9;cits gnostiques, pour atteindre l’homme prisonnier du Cr&#xe9;&#xe9;, l’Envoy&#xe9; doit briser les cercles cosmiques qui constituent les murs de l’Univers, ge&#xf4;le o&#xf9; le Mal, le D&#xe9;miurge, a jet&#xe9; l’homme.
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans les r&#xe9;cits de la mystique musulmane (Avicenne et le r&#xe9;cit de La Mecque d’Ibn Arabi), cette intrusion de la R&#xe9;v&#xe9;lation dans l’espace clos du R&#xe9;el se pr&#xe9;cise et se modifie : le mystique marche en cercle, &#xe0; l’&#xe9;cart de la foule (situation qui marque une certaine distance prise avec la condition humaine commune, les murs de la cit&#xe9; chez Avicenne, la circumambulation de la foule des fid&#xe8;les autour de la Kaaba chez Ibn Arabi), lorsqu’il aper&#xe7;oit ou entend le &#xab; messager &#xbb; qui vient vers lui. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Chez Sohrawardi, le rel&#xe2;chement des liens se fait par &#xe9;tapes : les yeux s’ouvrent, les gardiens rel&#xe2;chent leur surveillance, le prisonnier gagne le d&#xe9;sert. L&#xe0;, il voit venir vers lui l’envoy&#xe9;.
On retrouve donc dans les deux gnoses le cercle comme symbole de l’enfermement, alors qu’il est dans la pens&#xe9;e classique symbole de perfection. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans la gnose antique, l’Envoy&#xe9; traverse les cercles. Dans la gnose mystique, le cercle s’&#xe9;largit d’abord, symbole de rel&#xe2;chement des liens, de la conscience commune, lorsque survient le Messager. Cette nuance symbolique a son importance : elle souligne le caract&#xe8;re plus passif – et souvent plus collectif- du gnostique de l’antiquit&#xe9; face &#xe0; la qu&#xea;te individuelle du mystique, qui prend en charge son destin, qui choisit d’aller vers la conscience sup&#xe9;rieure. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le rel&#xe2;chement du cercle peut appara&#xee;tre comme symbolisant tous les efforts de pr&#xe9;paration &#xe0; la conscience mystique, de mise en condition. La mystique est ins&#xe9;parable d’une certaine technique, d’un savoir-faire, l&#xe0; o&#xf9; le Gnosticisme ne voit qu’appartenance &#xe0; une communaut&#xe9; pr&#xe9;d&#xe9;finie d’&#xe9;lus. Mais cette pr&#xe9;paration, ce savoir-faire ne nie en rien le caract&#xe8;re irruptif, soudain, impr&#xe9;visible de l’Eveil. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Derri&#xe8;re ce symbolisme g&#xe9;om&#xe9;trique peuvent se lire une vision abstraite des rapports entre conscience imaginaire et conscience commune, la seconde lin&#xe9;aire et continue, limit&#xe9;e, d&#xe9;finie, l’autre bris&#xe9;e, suite d’&#xe9;v&#xe9;nements singuliers.
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Enfin, anticipant sur l&apos;approche &amp;quot;psychologique&amp;quot;, et en s’imaginant cette ligne droite p&#xe9;n&#xe9;trant par une br&#xe8;che le cercle des mondes, on peut se laisser attirer par les r&#xe9;sonances &#xe9;rotiques d’une telle g&#xe9;om&#xe9;trie moins abstraite qu’il n’y para&#xee;t. Le rejet de la sexualit&#xe9;, presque constant en gnosticisme comme en mystique, loin d’induire refoulement et r&#xe9;gression comme dans la religion, conduit &#xe0; une certaine forme de sublimation qui joue un r&#xf4;le essentiel tant dans l’expression –les images passionnelles sont l&#xe9;gion- que dans la construction m&#xea;me du mythe. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’&#xe9;l&#xe9;ment polarisant par lesquelles les diff&#xe9;rentes structures, &#xe9;v&#xe9;nements symboliques, prennent place dans un r&#xe9;cit orient&#xe9;, est le d&#xe9;sir.
On voit d&#xe9;j&#xe0; l&#xe0; un peu cette occultation des faits par rapports &#xe0; la structure dans le versant gnostique de la conscience imaginaire, alors que dans le versant po&#xe9;tique, o&#xf9; l’&#xe9;rotisme appara&#xee;tra en pleine lumi&#xe8;re, son effet structurant en sera obscurci.
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;2. &lt;em&gt;La R&#xe9;v&#xe9;lation&lt;/em&gt;
&lt;br /&gt;
Le caract&#xe8;re bouleversant de l’Eveil tient &#xe0; ce que, subitement, le gnostique passe de l’&#xe9;tat d’endormi, d’ignorant, &#xe0; celui d’&#xe9;veill&#xe9;, d’initi&#xe9;. Tout se d&#xe9;voile plus ou moins brusquement: ses origines dans l’unit&#xe9;, la nature de l’envoy&#xe9;, sa condition de prisonnier dans le monde, la n&#xe9;cessit&#xe9; du retour, le long temps pass&#xe9; dans les limbes de l’abandon.
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais dans le m&#xea;me temps, cet &#xe9;veil est tout autant charg&#xe9; d’incompr&#xe9;hension, de questions : pourquoi la chute, l’abandon, comment revenir, etc.. cependant que le Messager restant dans le registre symbolique pr&#xe9;serve le caract&#xe8;re &#xe9;nigmatique du message.
La r&#xe9;solution de cette contradiction entre &#xe9;nigme et R&#xe9;v&#xe9;lation ne peut &#xea;tre atteinte que par leur d&#xe9;ploiement dans le voyage de retour. La R&#xe9;v&#xe9;lation gnostique est avant tout une invitation au d&#xe9;part.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Sat, 11 Apr 2009 11:55:00 GMT</pubDate></item><item><title>L&apos;&#xe9;veil I-2: Gnose mystique</title><dc:creator>charp</dc:creator><link>http://charp.canalblog.com/archives/2009/04/09/13291190.html</link><category>Approche symbolique</category><comments>http://charp.canalblog.com/archives/2009/04/09/13291190.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://charp.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/13291190/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://charp.canalblog.com/archives/2009/04/09/13291190.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;font face=&quot;trebuchet ms&quot;&gt;&lt;strong&gt;Gnose mystique en Islam &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&#xab; ... E&lt;em&gt;t voici qu&apos;un jour je m&apos;aper&#xe7;us que mes ge&#xf4;liers avaient rel&#xe2;ch&#xe9; leur surveillance. […] Furtivement je me glissai &#xe0; l&apos;&#xe9;cart, tant et si bien que tout en boitillant avec mes liens, je finis par gagner le chemin du d&#xe9;sert. Et l&#xe0;, dans le d&#xe9;sert, voici que j&apos;aper&#xe7;us une personne qui venait de mon c&#xf4;t&#xe9;.&lt;/em&gt; […] &lt;em&gt;Observant la couleur rouge dont l&apos;&#xe9;clat empourprait son visage et sa chevelure, je pensais &#xea;tre en pr&#xe9;sence d&apos;un adolescent..
:&lt;br /&gt;&lt;/em&gt; &#xab; - &lt;em&gt;0 adolescent, lui dis-je, d&apos;o&#xf9; viens-tu donc?
&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Enfant ! me fut-il dit en r&#xe9;ponse, tu fais erreur en m’interpellant ainsi. Je suis, moi, l&apos;a&#xee;n&#xe9; des enfants du Cr&#xe9;ateur et tu m&apos;appelles &#xab;adolescent &#xbb; ?&lt;/em&gt;
&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Mais alors, comment se fait-il que tu n&apos;aies pas blanchi, comme il arrive aux vieillards?&lt;/em&gt;
&lt;br /&gt;&lt;em&gt;- Blanc, je le suis en v&#xe9;rit&#xe9; ; je suis un tr&#xe8;s ancien, un Sage dont l&apos;essence est lumi&#xe8;re. Mais celui-l&#xe0; m&#xea;me qui t&apos;a fait prisonnier dans le filet, celui qui a jet&#xe9; autour de toi ces diff&#xe9;rentes entraves et commis ces ge&#xf4;liers &#xe0; ta garde, il y a longtemps que lui-m&#xea;me m&apos;a projet&#xe9;, moi aussi, dans le Puits obscur. Et telle est la raison de cette couleur pourpre sous laquelle tu me vois.[ …]. Observe le cr&#xe9;puscule et l’aube[…], ce sont des moments entre-deux : un c&#xf4;t&#xe9; vers le jour qui est blancheur, un c&#xf4;t&#xe9; vers la nuit qui est noirceur, d&apos;o&#xf9; la pourpre du cr&#xe9;puscule du matin et du cr&#xe9;puscule du soir &amp;quot;. […]
&lt;/em&gt; (&lt;em&gt;Moi) - 0 Sage, d&apos;o&#xf9; viens-tu donc?&lt;/em&gt;
&lt;br /&gt;- &lt;em&gt;Je viens d&apos;au-del&#xe0; de la montagne de Q&#xe2;f. L&#xe0; est ma demeure. Ton nid, &#xe0; toi aussi, jadis fut l&#xe0;-bas. H&#xe9;las, tu l&apos;as oubli&#xe9;.
&lt;/em&gt;-&lt;em&gt; Mais ici, quelle peut &#xea;tre ton occupation ? &lt;br /&gt;- Je suis un perp&#xe9;tuel p&#xe8;lerin. Sans cesse je voyage autour du monde et j&apos;en contemple les merveilles. &lt;br /&gt;&lt;/em&gt;
(Sohrawardi (1155-1191), Le r&#xe9;cit de l’Archange empourpr&#xe9;)
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce r&#xe9;cit initiatique de Sohrawardi fait &#xe9;cho au plus ancien r&#xe9;cit du philosophe et m&#xe9;decin persan Avicenne (980-1037) :
&#xab; &lt;em&gt;Certaine fois que j&apos;avais pris r&#xe9;sidence en ma cit&#xe9;, il m&apos;arriva de sortir avec mes compagnons vers un des lieux d&apos;agr&#xe9;ment qui se trouvent aux environs de cette m&#xea;me cit&#xe9;. Or, tandis que nous allions et venions, tournant en cercle, voici qu&apos;au loin parut un Sage. […] Alors il me dit: &#xab; Mon nom est le Vivant; mon lignage, le fils de l’Eveil; quant &#xe0; ma patrie, c&apos;est la Demeure Sacrosainte. Ma profession est d&apos;&#xea;tre toujours en voyage: faire le tour de l&apos;univers au point d&apos;en conna&#xee;tre toutes les conditions &lt;/em&gt;&#xbb;
(Avicenne, Le r&#xe9;cit de Hayy ibn Yaqz&#xe2;n)
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un r&#xe9;cit essentiel du grand mystique andalou Ibn Arabi (1165-1241) fait &#xe9;cho &#xe0; l’Eveil des r&#xe9;cits initiatiques :
&lt;br /&gt;&#xab;&lt;em&gt;Certaine nuit, j&apos;&#xe9;tais en train d&apos;accomplir les circumambulations rituelles autour du Temple de la Ka&apos;ba. Mon esprit go&#xfb;tait une paix profonde; une douce &#xe9;motion dont j&apos;avais parfaitement conscience s&apos;&#xe9;tait empar&#xe9;e de moi. Je sortis de la surface empierr&#xe9;e, &#xe0; cause de la foule qui s&apos;y pressait, et je continuai de circuler sur le sable. Soudain me vinrent &#xe0; l&apos;esprit quelques vers[…]
&#xab; A peine les avais-je r&#xe9;cit&#xe9;s que je sentis sur mon &#xe9;paule le contact d&apos;une main plus douce que la soie. Je me retournai et me trouvai en pr&#xe9;sence d&apos;une jeune fille, une princesse d&apos;entre les filles des Grecs. Jamais je n&apos;avais vu une femme au plus beau visage, au parler plus suave, au cœur plus tendre, aux id&#xe9;es plus spirituelles, aux allusions symboliques plus subtiles... Elle surpassait tous les gens de son temps en finesse d&apos;esprit et en culture, en beaut&#xe9; et en savoir&lt;/em&gt;.&#xbb;
(Cit&#xe9; et traduit par Henry Corbin, &lt;em&gt;L’imagination cr&#xe9;atrice dans le soufisme d’Ibn Arabi&lt;/em&gt;)&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Thu, 09 Apr 2009 09:33:00 GMT</pubDate></item></channel></rss>