J'en avais marre de traîner loin de ma quête. A quoi chercher l'exploit dans un lieu que ne fréquentent que les rentiers, les courtisans, les faibles? Je me lançai dans une dernière chevauchée, défiant les faux chevaliers du phénix en m'attaquant à leurs idoles, en narrant mes exploits anciens: rien n'y fit. N'avait-il rien entendu? Leur château, leur "Bureau of the surrealist enchantment", depuis mon passage, ou plutôt depuis qu'ils pouvaient craindre mon retour, était devenu privé. Était-ce vraiment du manque d'audace? Espéraient-ils que leur silence me ferait taire? Mais y connaissent pas Charp, ces mecs! J'entrepris de leur expliquer ma quête en un langage accessible, du moins en apparence, et j'écrivis sur ma statue les messages suivants:

Le Work in Progress "L'étroit seigneur" et le "Triple vaisseau" expliqué par Michel Audiard (oui, je sais, j'ose tout)

Puis je mêlai jugements lapidaires et rappels d'anciens duels.

La pyrotechnie, messieurs, exige un savoir livresque et un tour de main absolument insoupçonnable.

Noel Roquevert

Le lion est mort, les chacals se disputent l'empire. Enfin, on peut pas demander plus aux surréalistes qu'aux fils de Charlemagne.

Mais y connaissent pas Charp, ces mecs. Je vais leur montrer qui c'est Charp. Aux quatre coins de Paris qu'on va le retrouver, le perroquet, éparpillé par petits bouts, façon puzzle. Moi, quand on m'en fait trop, je correctionne plus : je dynamite, je disperse, je ventile !

Faut r'connaître... c'est du brutal !

Mais pourquoi j'm'énerverais ? Monsieur joue les lointains ! D'ailleurs, j'peux très bien lui claquer la gueule sans m'énerver !

Alors, il dort le gros Charp ? Ben il dormira encore mieux quand il aura pris ça dans la gueule ! Il entendra chanter les anges, le gugusse de Montauban… Je vais le renvoyer tout droit à la maison mère… au terminus des prétentieux…

 

tonton10

 

Et dites-vous bien que dans la vie, ne pas reconnaître son talent, c'est favoriser la réussite des médiocres. (illustré par une photo de M. Michaël Lowy)

Je rentre seul. Un matador rentre toujours seul ! Plus il est grand, plus il est seul. Je vous laisse à vos banquises, à vos igloos, à vos pingouins. Por favor Señora ! À quelle heure le train pour Madrid ?

frankeur

Charp, mordant : Ah parce que tu mélanges tout ça, toi ! Mon Espagnol comme tu dis et le père Bardasse. Les Grands Ducs et les Bois-sans-soif !

Le barman, agacé: Les grands ducs !
Charp, avec morgue: Oui, monsieur ! Les princes de la cuite, les seigneurs ! Ceux avec qui tu buvais le coup dans le temps et qui ont toujours fait verre à part ! Dis-toi bien, que tes clients et toi, ils vous laissent à vos putasseries les seigneurs : ils sont à cent mille verres de vous ! Eux, ils tutoient les anges !

Le barman : Excuse-moi, mais nous autres on est encore capable de tenir le litre sans se prendre pour Dieu le Père !
Charp, avec morgue : Mais, c'est bien ce que je vous reproche ! Vous avez le vin petit et la cuite mesquine. Dans le fond, vous ne méritez pas de boire !

 

tontons121

C'est curieux chez les surréalistes, ce besoin de faire des phrases....

 

Suzanne : Avoue que c'est quand même une drôle d'heure pour arriver, surtout de ce temps-là !
Albert : Ah ! Les voyageurs c'est fait pour voyager, le temps n'a rien à voir là-dedans !

On ne devrait jamais quitter Montauban

 

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Quand je repassais, la nuit, je me découvris un nouvel adversaire, un vrai, un beau. Ce sera le prochain chapitre de mes aventures au pays des visages emmurés et des âmes pauvres.