Vu le temps passé, je préfère, avant  de commencer de publier l'approche symbolique, reprendre ici la conclusion du texte "La charpente symbolique", qui décrit les sept "épisodes" de la quête, autour desquels s'articulera cette étude:

1. L'éveil: lorsque survient le Messager, que le ciel de la condition humaine se déchire ; instant de la Révélation énigmatique qui ouvre une brèche dans la conscience de l’être et constitue l’impulsion initiale du récit. Rencontrer du Messager, de l’Etranger qui révèle à l’être qu’il est lui aussi étranger au monde, que sa patrie est Ailleurs.

2. L’âge d’or : l’Age d'or et de la Chute: première forme du récit, première remontée vers la Patrie symbolique, intérieure, et en même temps première prise de conscience du mouvement inverse, cause de son statut d’étranger. Sous le voile de la nostalgie se révèle les traits de la Patrie de l’être, son Idéal. 

3. La prison: en négatif de cette image de l’âge d’or, et comme résultant de la conception de la chute, se forme l’image d’un monde-prison, prise de conscience des murs, des chaînes de la condition humaine. La tension entre cette prise de conscience et l’appel nostalgique de l’âge d’or crée le divorce, la faille entre l’être et sa condition. Le monde est sa fausse patrie.

4. L'exil : Puisque Patrie est Ailleurs il faut quitter ce monde, se défaire des habits de prisonniers. C'est le temps de la sortie du monde, du soi ancien d’avant l’éveil. C’est le passage par le désert,  l’arrachement du sol.

5. La quête : le voyage proprement dit, voyage de retour où interviennent les compagnons, où le Maître initie sans montrer, où il faut affronter des épreuves, soulever tout à tour les voiles de la conscience.

6. Le seuil : le moment du passage, la rencontre du double, de l'Aimé, du vêtement de lumière

7. L'union : le salut, la réintégration de l'unité fondamentale, la beauté.

 

Chacun de ses sept nœuds symboliques sera décomposé en trois temps:

1 Glaner la présence de cette thématique dans les différents textes des pensées étudiées

2 Vérifier si ces éléments symboliques se rapportent vraiment aux points essentiels de ces pensées -sans quoi on aurait simplement relevé des ressemblances superficielles- et qui suppose donc là que l'on étudie alors, de manière plus "classique", rationnelle et historique, ces pensées, mais en prêtant attention à ce que l'approche symbolique a révélé.

3 Enfin, de chercher à approcher, grâce à ce que l'on aura mis en évidence, la nature, les modes d'être de l'imaginaire. Phase "psychologique"si l'on veut, mais encore faut-il employer ce terme avec prudence.

Dernières remarques avant de commencé cette approche:

1 L'origine de cette trame est en quelque sorte la conclusion des textes sur la Gnose antique.
2 Aux "quatre moments" de la conscience imaginaire, Gnoses antique et mystique, romantisme et surréalisme, s'ajoute un regard sur cette thématique dans la Renaissance. Aucun mouvement d'idée ou d'art n'exprime à cette époque la conscience imaginaire, mais c'est à ce moment que se produit un renversement essentiel de cette conscience: jusqu'alors visionnaire et mystique, elle devient l'apanage des mouvements artistiques.
3 Une autre expression de la trame est le texte d'ouverture donné dans le Prélude (I)